Art plastique: l’exposition «Abstraire» de Henri Kalama, un effort de communication pour l’engagement citoyen

Kinshasa, 13 juin 2026 (ACP).- L’exposition «Abstraire» du peintre et directeur général de l’Académie des beaux-arts (ABA) de Kinshasa a été présentée, samedi, comme un effort de communication pour l’engagement citoyen sur les conflits dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), au cours d’un échange de critique d’art.

‎« Mon travail est un effort de communication, fait pour montrer mon engagement citoyen. Comment en tant que professeur, leader, penseur et artiste je peux donner de ma voix sur cette thématique de la guerre et montrer ma contribution», a déclaré Henri Kalama Akulez, directeur général de l’ABA et peintre de son état. 

Pour lui, cette exposition ouverte, le 22 mars 2026, est une meilleure façon d’expliquer à son public les différents conflits que connaît le pays dans sa partie orientale. « On parle trop de guerre en RDC; on parle de minerais qui ne profitent pas directement aux personnes qui habitent ce que j’appelle le terrain de jeux», a-t-il indiqué, soulignant que son but a toujours été celui d’atteindre un grand public.

À travers cet échange culturel, Henri Kalama Akulez a parcouru l’ensemble de sa création et de ses connaissances en tant qu’artiste, pour justifier la pertinence de cette exposition, notamment l’usage des couleurs sombres liées aux différentes périodes de la vie.

Cet exercice d’échange initié par la structure culturelle «Krithika art projects», a permis à l’artiste de donner des explications sur ses réalisations semi-abstraites.

« Aujourd’hui, nous étions là pour parler de l’exposition de l’artiste Henri Kalama. Ça a été une aubaine d’explorer sa démarche artistique, sa vision sur l’exposition axée sur son travail dans son ensemble, mais aussi les influences qu’on peut retrouver dans ses œuvres, dont le franco-chinois Zao Wouki ou encore Gerhard Richter ou les congolais maitres Mavinga et Lema Kusa», a ajouté, l’initiateur de la structure krithika Art projects.

L’art abstrait expliqué comme un résumé de la réalité et non l’absence du réel

Par ailleurs, le peintre Henri Kalama a fourni des explications sur ce qu’est l’art abstrait qui n’est pas, selon lui, « l’absence de la réalité » mais plutôt, « le résumé du réel ». « La réalité dans l’art abstrait est à rechercher au niveau de l’expérience qu’on fait devant une œuvre abstraite. Alors que, dans la peinture figurative, la réalité est présente au niveau de la représentation ou de la ressemblance des éléments qui sont présentés», a expliqué l’artiste Henri Kalama akulez. 

« Lorsque quelqu’un se retrouve devant une œuvre dite abstraite, ce n’est pas à vouloir se demander +Est-ce que je suis en train de voir un arbre ?+ ou +Est-ce que je suis en train de voir une tête ?+. S’il pense avoir vu un arbre, et bien, il s’agit peut-être d’un arbre aussi, de l’arbre qui est à l’intérieur de lui et qui trouve résonance en lui, parce que c’est une suggestion», a-t-il laissé entendre. 

L’artiste s’est dit satisfait de cette rencontre d’échange culturel avec la structure «krithika art projets», le travail qu’ils abbatent pour consolider l’ecosystème autour de la culture et de l’art.

L’exposition «Abstraire» a été ouverte le 22 mars et va jusqu’au 20 juin 2026, à l’espace culturel «Texaf Bilembo». Plus de 25 oeuvres y sont exposées, présentant parfois les conséquences néfastes de la guerre d’agression et l’exploitation des minerais.

 ACP/N j /G A

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