Kinshasa, 21 février 2026 (ACP).- L’œuvre «Chaos» du sculpteur congolais Esthim Nela, explorant les traumatismes et les atrocités subis par les enfants, a été présentée vendredi, à la clôture de l’exposition «Lettres à l’être», à l’Institut français de Kinshasa, dans le nord de la capitale, en République démocratique du Congo.
«L’œuvre que je présente aujourd’hui s’intitule “Chaos”. C’est une œuvre vraiment de recherche qui met en intervention plusieurs éléments, notamment des crânes, des ballons d’air, du sable et les deux personnages principaux. Chaque crâne a une particularité et ça correspond à une histoire à part entière», a déclaré Esthim Nela, artiste visuel et sculpteur.
«Tous ces crânes ici représentent plusieurs atrocités qui ne permettent pas à l’enfant parce que dans cette œuvre, je parle plus des enfants, ça fait partie de ma série “Ba yiba ngai bomwana”, littéralement on peut traduire “on m’a volé l’enfance”», a-t-il ajouté.
Selon l’artiste, les ballons d’air représentent à la fois des personnages et une dimension artistique, les visiteurs étant invités à les éclater pour circuler dans l’installation, un geste qui les confronte à leur propre responsabilité face aux atrocités souvent réduites à des chiffres.
Les deux figures d’enfants incarnent une ligne du temps : l’ancienne génération, marquée par le choc des violences, et la nouvelle, qui tend à les banaliser. À travers cette démarche, l’artiste appelle à une prise de conscience collective sur l’impact profond, y compris verbal, des violences faites aux enfants.
«Dans cette exposition, les œuvres se distinguent par l’utilisation de matériaux variés tels que la résine, le plâtre, le métal et des assiettes en aluminium recyclées que l’artiste agence pour explorer la tension entre fragilité et solidarité, mémoire et matérialité», a-t-il précisé.
Issue de la série «Ba yiba ngai bomwana», cette installation met en scène des crânes, des ballons d’air, du sable et deux figures d’enfants pour interroger les violences qui marquent l’enfance et compromettent l’épanouissement à l’âge adulte.
Diplômé d’une licence (Bac+5) de l’Académie des beaux-arts de Kinshasa, Esthim Nela poursuit, à travers ses créations, une recherche axée sur la fragilité humaine et la responsabilité sociale. ACP/C.L.

