Kinshasa, 24 juillet 2025 (ACP). –Un appel pour l’inscription de la figure d’Augustin Dokolo parmi les références nationales de la culture congolaise a été lancé jeudi à Kinshasa par des opérateurs culturels et éducatifs, à l’occasion d’une réunion d’échanges sur la valorisation du patrimoine artistique et entrepreneurial national, a appris l’ACP de source culturelle.
« Il est important que notre pays reconnaisse officiellement des figures comme Augustin Dokolo, qui ont ouvert la voie à toute une génération d’artistes et d’entrepreneurs congolais », a déclaré Jules Bapongo, coordonnateur d’un centre culturel de Kinshasa, en marge de cette rencontre.
« Outre sa carrière artistique, Augustin Dokolo s’est illustré comme entrepreneur audacieux. À la veille de l’indépendance, il fut le seul homme noir à posséder une compagnie de taxis et un dancing-bar à Kinshasa. Après 1960, il a développé un réseau de magasins, avant de créer, en 1969, la Banque de Kinshasa (BK), confirmant ainsi sa transition vers le secteur financier», a ajouté Jules Bapongo.
Né le 16 mars 1935 à Thysville (actuelle Mbanza-Ngungu), Augustin Dokolo est reconnu comme le premier acteur congolais à avoir intégré le cinéma international. Il a marqué les esprits par ses rôles dans plusieurs films dont Congolia, Terreur sur la savane et Les Aventuriers du Kasaï, réalisé par Yves Allégret et nominé au Festival de Cannes en 1962.
Son esprit de devoir de partage envers les bana-nkazi
Selon des témoignages recueillis, son ascension exceptionnelle est parfois interprétée à travers le prisme de la tradition bakongo du Nkodia, un esprit de la nature associé à la fortune et au devoir de partage envers les bana-nkazi (enfants des sœurs).
« Sa réussite n’était pas seulement individuelle. Elle s’inscrivait dans une vision communautaire, héritée des valeurs traditionnelles », a souligné Mme Odette Nzau, responsable pédagogique dans un lycée de la capitale.
Marié en 1967 à Hanne Kruse, pharmacienne danoise installée à Kinshasa, Augustin Dokolo est père de trois enfants, dont Sindika, né le 16 mars 1972, jour d’anniversaire de son père.
Les participants ont plaidé pour l’intégration de son parcours dans les programmes éducatifs et culturels, en vue d’inspirer les jeunes générations à travers des modèles historiques congolais.
ACP/C.L.

