Des voix aiguës de plus en plus prisées dans la musique congolaise

Kinshasa, 24 juillet 2025 (ACP). – Une prédominance de voix aiguës est observée chez plusieurs chanteurs de la musique congolaise contemporaine, une tendance qui fragilise la reconnaissance des typologies vocales masculines traditionnelles, ont relevé jeudi à Kinshasa en République démocratique du Congo,  des observateurs du monde musical.

« Chanter haut est devenu un standard, au point que la majorité des artistes masculins forcent leur voix au mépris de leur tessiture naturelle, ce qui se traduit souvent par des sons étranglés et des stridulations désagréables », a indiqué Audidax Bemba, spécialiste de la voix et analyste musical.

Vue du chanteur Evoloko

Selon lui, cette tendance est due à une ignorance généralisée de la tessiture vocale, cette zone confortable dans laquelle un chanteur peut émettre des sons sans effort, avec clarté et constance.

«La confusion entre les tessitures (basse, baryton, ténor, contreténor) pousse certains artistes à vouloir atteindre artificiellement des registres féminins (contralto, mezzo-soprano, soprano)», a-t-il fait savoir, avant de poursuivre que : « dans le répertoire classique de la musique congolaise, des contreténors naturels ont pourtant marqué leur époque par la maîtrise vocale et la qualité du timbre, à l’image de Philippe Lando dit Rossignol, Pascal Tabu Ley Rochereau, Gilbert Youlou Mabiala, Nyboma Mwan’dido, Ange Linaud Zendo, Matolu Dodé Papi Tex, Étienne Kazadi Chantal et Théo-Blaise Kounkou».

Parmi eux, Tabu Ley Rochereau se distingue par une tessiture étendue allant du baryton au mezzo-soprano, perceptible dans ses titres phares tels que Mabusélé, Linga mbala moko, Bonbon sucré  et  En Guantanamo.

L’expert a par ailleurs, recommandé aux jeunes artistes de se former sur les fondements de la technique vocale afin de préserver leur instrument et d’enrichir l’expression artistique dans le respect des normes musicales.

ACP/C.L.

Fil d'actualités

Sur le même sujet