Film « Pièces d’identités », la restitution linguistique de kikongo revendiquée

Kinshasa, 18 septembre 2025 (ACP).– Une restitution culturelle de  kikongo, langue bantoue majoritairement parlée dans le sud-ouest de la République démocratique du Congo, a été revendiquée dans le film « Pièces d’identités », par un penseur qui a relevé une incohérence dans la réalisation de l’œuvre, lors d’un entretien jeudi à l’ACP.

« Aujourd’hui, je revendique la restitution culturelle du Kikongo dans ce film « Pièces d’identités » où l’on voit un roi kongo parlant en thisluba en lieu et place de sa langue natale. Rendre justice à Mani Kongo, ce n’est pas seulement rappeler son rôle historique; c’est aussi lui redonner sa véritable identité. Le kikongo est le souffle même de notre mémoire collective, l’effacer, c’est effacer une part de notre dignité », a déclaré Charles Jephthé Mingiedi, penseur et notable de Madimba, dans le Kongo Central.

« J’avoue avoir été profondément choqué par ce choix. Car dans l’histoire  du royaume du Kongo couvrant à son apogée des territoires situés dans l’Afrique centrale, incluant le nord de l’Angola, le sud de la République du Congo (Congo-Brazzaville), l’extrémité occidentale de la RDC (Congo-Kinshasa, y compris le Kongo-Central) et le sud-ouest du Gabon, la langue de la cour royale, de la diplomatie et de l’identité collective a toujours été le kikongo. Le titre de Mwene Kongo ou Mani Kongo ne peut se concevoir en dehors de cette langue, véritable cœur de l’héritage du peuple Kongo », a expliqué le penseur Mingiedi, affirmant par ailleurs, avoir été interpellé par un autre Congolais vivant en Afrique du Sud, qui a découvert, dans le film « Mission Impossible » la mention « Kongo Yowa », présenté comme un lieu de son pays de résidence, alors qu’il s’agissait d’un « cosmogramme » kongo, symbole spirituel et philosophique du Kongo Central, anciennement appelé Bas-Congo.

« Cette interpellation m’a poussé à revendiquer la restitution culturelle de kikongo dans cette œuvre cinématographique qui est une co-production franco-belgo-congolaise, racontant l’histoire touchante d’un vieux roi Kongo, Mani Kongo, parti en Belgique à la recherche de sa fille », a-t-il dit, avant de marteler :  « Je suis un vrai patriote et nationaliste, qui a toujours milité pour l’officialisation de nos quatre langues nationales. Mon intervention sur le film Pièces d’identités s’inscrit donc dans une démarche de rétablissement de la vérité historique de notre pays. Je valorise la diversité culturelle de notre nation et je ne peux rester indifférent face à une falsification, même lorsqu’elle se présente sous forme de fiction »« .

Selon ce  penseur, ce film a été célébré pour son humanisme et son plaidoyer en faveur de la dignité africaine face à l’exil et couronné, à son époque, du grand prix Étalon de Yennenga au Fespaco 1999, à Ouagadougou, au Burkina Faso.

ACP/JF

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