Kinshasa, 28 septembre 2025 (ACP).–Le prix ‘‘RFI théâtre’’ 2025 organisé par la Radio France internationale, a été remporté dimanche par le dramaturge –écrivain Israël Nzila de la République démocratique du Congo (RDC) pour sa francophone intitulée « clipping » (coupure), explorant la résilience d’une femme, a annoncé le lauréat sur sa page officielle.
« ‘‘Clipping’’ est un mot souvent utilisé par les ingénieurs du son qui signifie une saturation des sons lorsqu’on dépasse le volume normal. Cette pièce poétique explore l’absence et la survie. Clipping raconte l’histoire de Do, une femme qui perd son bébé un jour de marché. Les recherches restent vaines, la panique enfle, puis le doute s’installe : est-elle vraiment la mère? Do, son héroïne, traverse une forêt où la parole des arbres fait écho aux blessures des hommes. L’œuvre est un cri de douleur, mais aussi une invitation à l’espérance», a-t-on lu.
« Quand j’écris, je considère que le lecteur ou le spectateur font partie de la pièce. Le lecteur n’est pas un simple observateur de ce qui se passe, le public non plus. Je les intègre dans ma pièce. Ils sont présents et je diminue la distance entre l’œuvre et eux. Je voudrais que cette incompréhension soit ressentie par le public en même temps» a-t-il ajouté
Cette nouvelle œuvre du lauréat congolais a été sélectionnée parmi 143 textes issus de 22 pays dans le cadre de l’édition 2025. L’auteur a opté pour un titre en anglais, alors même que le récit est entièrement rédigé en français.
Avec » Clipping » , il ne livre pas simplement une pièce de théâtre, mais une fresque poétique où se mêlent mémoire, douleur et combat intérieur.
A travers « Clipping », Israël Nzila a réussi à franchir un cap important dans l’histoire du théâtre francophone en devenant le premier Congolais à remporter le précieux trophée du théâtre depuis sa création en 2014. Une distinction qui marque un tournant, non seulement pour sa carrière, mais aussi pour la visibilité du théâtre congolais sur la scène internationale.
Sa pièce, portée par une langue puissante, rythmée et profondément imagée, mêle poésie et douleur dans une forme qui rappelle une tragédie chantée. Refrains, répétitions, mots bruts et réalités entremêlées composent une pièce d’une intensité rare. Le début d’un nouveau chapitre, où l’imaginaire congolais s’affirme avec éclat dans le paysage théâtral francophone.
ACP/C.L.

