Kinshasa, 8 juillet 2026 (ACP).- La préservation de l’authenticité de la langue swahili au regard de l’influence croissante des langues locales en République démocratique du Congo (RDC) a été recommandée aux interlocuteurs à Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga, dans le sud-est du pays, par une enseignante de cette langue, lors d’un entretien accordé mercredi à l’ACP.
« Le swahili est une langue vivante qui évolue naturellement au contact des communautés. En RDC, chaque province apporte des particularités liées aux langues locales. Cette diversité constitue une richesse culturelle, mais elle exige également des efforts pour préserver les fondements de la langue afin de garantir une bonne compréhension entre les locuteurs », a déclaré Miss-Dora Hemba, enseignante de swahili.
Selon elle, cette évolution linguistique résulte des interactions permanentes entre le swahili, les langues nationales et les dialectes locaux parlés dans les différentes provinces de la RDC. Si cette dynamique enrichit la langue, elle constitue également un défi pour les enseignants, appelés à promouvoir un swahili conforme aux règles grammaticales tout en tenant compte des réalités socioculturelles propres à chaque région.
Hemba a indiqué que le swahili parlé en RDC présente des différences d’une province à une autre en raison de l’influence des langues nationales et locales.
« Le swahili du Haut-Katanga est fortement marqué par le kiluba et le bemba, notamment dans la prononciation, le vocabulaire et certaines expressions. À l’inverse, le swahili parlé au Sud-Kivu reste davantage proche du swahili standard d’Afrique de l’Est, même s’il est influencé par le mashi, le rega ou encore le kinyarwanda. Ces nuances reflètent l’histoire et les réalités sociolinguistiques de chaque région», a-t-elle expliqué.
Elle a estimé que ces différences ne remettent pas en cause l’unité de la langue, mais traduisent sa capacité d’adaptation aux contextes culturels des populations.
Elle ajoute, l’enseignement du swahili demeure un moyen essentiel de transmettre une langue de qualité, aussi bien en RDC qu’auprès des Congolais vivant dans la diaspora.
« Notre mission est d’enseigner un swahili correct tout en expliquant les variantes régionales afin que les apprenants puissent communiquer avec aisance dans toutes les provinces du pays. La maîtrise de cette langue renforce l’unité nationale et facilite les échanges avec les autres pays de la région des Grands Lacs et de l’Afrique de l’Est », a-t-elle soutenu.
Instituée par l’UNESCO, la Journée mondiale du swahili est célébrée chaque 7 juillet afin de promouvoir cette langue africaine, parlée par des dizaines de millions de personnes sur le continent et reconnue comme un important vecteur d’intégration régionale et de dialogue interculturel. ACP/ S A/MN

