Kinshasa, 14 octobre 2025 (ACP).- Une soirée mémorable célébrant le 36e anniversaire de la disparition de Franco Luambo Makiadi, l’une des icônes de la guitare solo de la République démocratique du Congo, a fait l’objet de partage de l’expérience de l’artiste Pépé Felly Manuaku à Bruxelles, en Belgique avec «Bana Mikili ya Tongo», a appris l’ACP mardi de source associative.
«Cet événement coïncide avec le 36ème anniversaire de la mort de Luambo Makiadi Franco. Mais dans une tradition nouvellement née à Bruxelles à l’initiative de vrais Bana Mikili ya tongo depuis Diego Caõ, l’immense Manuaku Pépé Felly, le magicien de la guitare a parlé de lui, de sa carrière, de ses débuts dans la musique, de son parcours dans le même domaine, de Franco, de Rochereau, de Docteur Nico, d’Evoloko Lay-Lay, de Gina wa Gina, de Papa Wemba, de Nyoka Longo», a témoigné Audifax Bemba, l’un des acteurs culturels dans une vidéo envoyée à l’ACP.
«En sa qualité du président du Conseil national de musique du Congo, il a demandé à l’assistance d’observer une minute de silence en mémoire de Luambo Franco. Ce qui fut fait dans le grand respect pour le grand maître Franco. Puis, il a parlé de lui, de la musique en général, de sa musique, de Zaïko, de Thu Zahina, de Grand Zaïko Wawa, des Ya Tupas, de Rey Lema, de Roxy Tshimpaka, de Souzy Kaseya… avec une très grande considération pour ses collègues guitaristes», a-t-il ajouté.
L’événement a culminé avec une revisite passionnée des classiques de Manuaku au sein de Zaïko. De Chouchouna à Mbeya-Mbeya, en passant par une série de titres emblématiques, le public, conquis, a chanté sans interruption, prolongeant l’émotion bien au-delà du temps imparti, rendant difficile la dispersion de la salle.
«La revisitation de toutes les partitions de Manuaku jouées dans Zaïko pour en faire ce qu’il est devenu aujourd’hui. De Chouchouna à Mbeya-Mbeya (qui a fait chanter et soulever la salle), en passant par Francine Keller, BP ya munu, Eluzam, Zaiko Wawa, Ima, Femme ne pleure pas, etc la salle a chanté sans répit, lâché de l’émotion jusqu’au-delà du temps impartie pour libérer difficilement la salle».
Et de poursuivre: «il a parlé de la guitare, de la fameuse game pentatonique, de Si, de Ré (majeur, mineur) de bémol, de la clé 7, 5, 4. Sur ce plan (de différentes gammes), j’ai compris que les guitaristes se parlent dans un langage qu’eux seuls comprennent lorsqu’ils arrangent une chanson. Toute corde de guitare pincée, toute gamme et/ou clé sollicitées est un message envoyé à la « concurrence » pour la renvoyer aux études.
«Manuaku Waku ne se conte pas en quelques heures, ni en une journée. Que ce soit par lui-même ou par qui que ce soit. Il est un livre qui se décline en mil ouvrages pour la restitution. Il est simplement i-n-t-e-m-p-o-r-e-l ! La tradition, disais-je, a commencé avec Jean-Pierre Nimy, le fondateur de Yé-yé National, le premier groupe musical des Belgicains (les étudiants congolais de Belgique) qui a inspiré la création de Thu Zahina, Stukas, Zaïko (au niveau du pays) et Los Nickelos, Les Pieds Nickelés, etc. en Europe. Savez-vous que c’est Manuaku Waku qui a joué la guitare dans la chanson Leyi Sene?», a conclu.
ACP/ODM

