Inauguration d’une exposition sur la jeunesse des années 80 à Kinshasa

Kinshasa, 15 février 2026 (ACP).- L’exposition photographique intitulée « Le temps des promesses : être jeune dans les années 80 » a été inaugurée samedi à l’Académie des Beaux-Arts (ABA), dans la commune de Gombe, au nord de la capitale de la République démocratique du Congo.

«Les années 80 étaient encore imprégnées des effluves des mouvements de jeunesse visant à changer le monde. Des slogans comme « l’imagination au pouvoir » ou « l’action ne doit pas être une réaction mais une création » étaient les phares de notre génération», a déclaré Rosario Mazuela, codirectrice d’Africa Photography Initiative, une organisation dédiée à la valorisation des archives photographiques africaines.

À travers une série d’images d’archives, l’exposition met en lumière les visages, les gestes et les silences d’une jeunesse marquée par l’espoir et l’insouciance.

«Nous présentons les archives de deux photographes congolais. D’un côté, Théo Mugheman Zagabe, qui photographiait les jeunes au Sud-Kivu le week-end, après l’église. De l’autre, Gaston Diakota, alias « Photo Gaga », qui gérait le studio « Express Mobile » à Kinshasa. Ce dernier travaillait hors les murs : dans les familles, les bistrots et le milieu musical pour le célèbre « Disco Magazine »», a-t-elle rapporté comme précisions sur le contenu de ces clichés, à la fois intimes et collectifs, racontant une époque où la photographie capturait le réel sans artifice.

Regards croisés entre le Kivu, Kinshasa et l’Europe

La photographe Rosette Lubondo a par ailleurs expliqué  que l’exposition propose un contraste saisissant entre le Kivu, Kinshasa et l’Europe.

«La deuxième partie confronte la jeunesse du Kivu à celle de Kinshasa. Une troisième section montre des Polaroids envoyés d’Europe, illustrant la spontanéité des familles européennes de la même époque. C’est ce dialogue entre archives que nous appelons « Le temps des promesses »»

Pour le directeur général de l’ABA, le Pr Henri Kalama, accueillir cet événement est symbolique. «Cette exposition est le fruit d’une belle relation avec notre département de photographie. C’est une manière de remercier Rosario Mazuela pour son amitié et son engagement envers la culture», a-t-il laissé entendre

Ce  parcours de l’exposition permet de découvrir deux approches distinctes : celle de Deogratias Zagabe, fonctionnaire qui photographiait les jeunes le dimanche sur les rives du lac Kivu (Kalehe et Ihusi), et celle de Gaston Diakota, professionnel documentant l’effervescence urbaine et musicale de la capitale.

Ouverte du 14 au 22 février, cette immersion visuelle constitue une plongée unique au cœur de la mémoire urbaine et rurale de la RDC. ACP/C.L.

Fil d'actualités

Sur le même sujet