Kinshasa, 15 février 2026 (ACP).- L’impact de la Saint-Valentin sur la culture katangaise a été analysé dimanche par un historien, mettant à nu les racines occultes occidentales face aux traditions ancestrales du Katanga, dans le sud-est de la République démocratique du Congo, lors d’un forum en ligne suivi par l’ACP.
«Pour situer historiquement la Saint-Valentin, il est impératif de regarder ce qu’elle représentait bien avant la christianisation de l’Europe. Tandis que nos ancêtres au Katanga, sur les rives du Lualaba, codifiaient le respect de la vie et de la lignée, la Rome antique célébrait les Lupercales du 13 au 15 février. Comme le soulignent les travaux de l’historien William Smith dans le « Dictionary of Greek and Roman Antiquities », cette fête n’avait rien de romantique : c’était un rite de purification sanglant dédié à Faunus, le dieu sauvage des forêts», a expliqué Félix Kiluya, chercheur en histoire contemporaine.
Il a indiqué que les prêtres, les luperques, sacrifiaient des boucs et des chiens, puis couraient dans les rues de Rome en frappant les femmes avec des lanières de peau de bête (les februa) pour favoriser la fertilité.
«C’est cette violence païenne, ce désordre spirituel, que l’Église a tenté de masquer en l’an 496 sous le nom du martyr Valentin, créant un syncrétisme qui dissimule un culte de la chair derrière un voile de piété», a-t-il fait savoir.
Selon le chercheur Kiluya, l’introduction de cette fête au Katanga n’est pas une simple importation culturelle, mais l’imposition d’un calendrier étranger sur la sacralité du temps local.
«Célébrer la Saint-Valentin, c’est insulter directement la conception katangaise de l’amour. C’est délaisser les rituels de respect mutuel au profit d’un mimétisme sans âme», a-t-il estimé.
«Chez nous, l’union entre deux êtres n’est pas une impulsion éphémère d’un jour de février, mais un pacte sacré entre deux lignées, béni par les ancêtres et scellé par le respect des « bijila » (interdits)», a-t-il enchéri, concluant que l’identité katangaise est trop noble pour être bradée dans des célébrations qui ne la racontent pas.
La Saint-Valentin, fêtée le 14 février, est généralement perçue comme la fête des amoureux, marquée par des échanges de fleurs, de chocolats et de cadeaux. ACP/C.L.

