Kinshasa, 06 août 2026 (ACP).- L’uranium de la mine de Shinkolobwe, en République démocratique du Congo (RDC), utilisé dans la fabrication de la bombe atomique larguée sur Hiroshima, relance la réflexion sur le renforcement des liens culturels entre la RDC et le Japon, à l’occasion du 81ᵉ anniversaire du bombardement, selon un chercheur.
« Cette date, qui demeure l’un des événements les plus tragiques du XXᵉ siècle, rappelle non seulement le rôle majeur qu’a joué le minerai congolais dans la fabrication de la première bombe atomique utilisée en temps de guerre, mais elle invite également à renforcer les liens culturels et artistiques entre Kinshasa et Tokyo », a déclaré Léon Bourgois Mukeba, chercheur en histoire contemporaine.
Selon lui, cette mémoire partagée ne devrait pas être perçue uniquement sous l’angle géostratégique, mais aussi comme une opportunité de bâtir un dialogue fondé sur la paix, la mémoire, la coopération culturelle et les échanges entre les peuples.
Exploitée durant la période coloniale, la mine de Shinkolobwe, située dans l’actuelle province du Haut-Katanga, fournissait un uranium de très haute qualité destiné au Projet Manhattan, programme américain ayant conduit à la mise au point de la première arme nucléaire.
Le chercheur a estimé que cette histoire commune pourrait inspirer des initiatives artistiques et culturelles entre les deux pays, notamment des expositions, des productions cinématographiques, des œuvres plastiques, des rencontres académiques et des résidences d’artistes consacrées aux thèmes de la mémoire, de la paix et de la réconciliation.
Les relations entre la République démocratique du Congo et le Japon se sont progressivement diversifiées au fil des décennies, notamment dans les domaines de la coopération au développement, de l’éducation, de la santé, des infrastructures et de la culture.
Les échanges culturels, encore modestes, se manifestent à travers des programmes universitaires, des expositions artistiques, la promotion des arts traditionnels, ainsi que l’intérêt croissant des jeunes congolais pour la culture japonaise, notamment les mangas, le cinéma d’animation et les arts martiaux.
« Transformer un passé marqué par la tragédie en un levier de coopération culturelle constituerait un symbole fort, susceptible de rapprocher davantage les peuples congolais et japonais, tout en valorisant la culture comme instrument de dialogue et de prévention des conflits », a conclu Léon Bourgois Mukeba.
Le 6 août 1945, la ville japonaise d’Hiroshima a été détruite par la première bombe atomique utilisée en temps de guerre. Une part importante de l’uranium ayant servi à sa fabrication provenait de la mine de Shinkolobwe, dans l’actuelle République démocratique du Congo. Trois jours plus tard, le 9 août 1945, une seconde bombe atomique était larguée sur Nagasaki, précipitant la fin de la Seconde Guerre mondiale. Depuis lors, Hiroshima est devenue un symbole universel de la paix, du désarmement nucléaire et du devoir de mémoire. ACP/Ka

