Kinshasa : exposition de projets artistiques sur les frontières coloniales et la charge mentale

Kinshasa, 11 fév. 2026 (ACP).-Deux projets artistiques portant sur les frontières coloniales et la charge mentale ont été exposés lundi à Kinshasa par deux étudiants de l’Académie des Beaux-arts, dans le cadre du projet miroir Kinshasa–Bruxelles », reliant l’histoire de la République démocratique du Congo (RDC) à celle du Royaume de Belgique. ‎‎ « Le projet Frontières coloniales. Déjà, il faut savoir que le Congo, c’est une invention coloniale. Et je racontais même tout à l’heure à un ami que l’on doit dire merci aux colonisateurs belges parce qu’ils nous ont offert un territoire gigantesque : 2 345 410 km². C’est grand, en fait. Mais au-delà de ça, on n’aurait pas un Congo authentique comme nous l’avons aujourd’hui », a déclaré le dessinateur et bédéiste Abilwa Merkal. ‎« Alors, ce travail-ci est en train de questionner les histoires que renferme chaque frontière coloniale. Déjà, en termes d’illustration, je peux dire que le Congo, avant la colonisation, les peuples étaient unis, mais aujourd’hui nous nous retrouvons avec le Congo qu’on trouve à Brazzaville et le Congo qu’on peut trouver à Kinshasa. Il n’y a pas que ce cas, il y a beaucoup d’autres cas, notamment la Zambie avec le peuple Bemba, et du coup, cela fait en sorte que l’on doive redéfinir notre identité aujourd’hui. Nous nous appelons très bien Congolais », a-t-il ajouté. À travers ce projet, l’artiste aborde les conséquences des frontières coloniales sur l’histoire de la RDC et certains conflits observés dans la région, tout en évoquant les notions de réconciliation, de justice et de responsabilité collective. Par ailleurs, le deuxième projet était centré sur la charge mentale, exposé par l’étudiante Laura Mondo qui explique : ‎ « Dans ce projet +Histoire de miroir+, c’était un peu un projet oùon devait voir Anvers et ici. Les réalités qui se passaient ici après la colonisation et les réalités qui sont restées là-bas, en Belgique, après la colonisation. Et dans tout ce sujet, moi, j’ai voulu traiter tout ce qui est de la charge mentale. Et dans la charge mentale, j’ai choisi de traiter le racisme, mais sous une autre forme de racisme que j’appelle l’auto-racisme ». ‎‎Selon elle, « l’auto-racisme » correspond au moment où une personne noire s’approprie et s’inflige elle-même les stéréotypes négatifs hérités du passé colonial. Elle a souligné que cette charge se manifeste à travers des paroles et attitudes banalisées touchant, notamment « la couleur de la peau, les cheveux, l’intelligence ou les capacités », sans toujours mesurer leur origine historique. ‎‎Intitulé « Ce que leurs regards disent », l’ensemble de ces projets est né d’un questionnement sur les héritages silencieux de la colonisation, au-delà des faits historiques, et sur leurs répercussions inconscientes dans la manière dont les personnes noires se perçoivent, se jugent et se rapportent aux autres. Artiste sculptrice et scénographe, Laura Mondo inscrit son travail dans une réflexion plus large sur la décolonisation mentale.

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