Kinshasa, 20 octobre 2026 (ACP). – La place du Genocost, anciennement place des Évolués, et plusieurs autres espaces publics de la commune de la Gombe, dans le nord de Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), font l’objet de travaux d’embellissement, a indiqué mardi un responsable communal, en réponse aux spéculations sur la fermeture de certains sites.
« Ce sont les autorités compétentes, c’est-à-dire l’Hôtel de ville, qui ont confié une mission à une agence chargée de l’embellissement de la ville de Kinshasa. Pendant l’exécution des travaux, on ne peut pas laisser l’espace accessible à tout le monde. Ce coin est généralement fréquenté par des enfants de la rue. Sans clôture, nous ne pourrons pas bien effectuer le travail. C’est pourquoi nous érigeons des palissades afin de travailler en toute quiétude », a expliqué André Mayele, chef du service de l’environnement de la commune de la Gombe.
Selon lui, l’opération ne concerne pas uniquement la place du Genocost, mais également quatre à cinq autres sites de cette municipalité, notamment la plate-bande de l’avenue des Ambassadeurs, après le mausolée, plusieurs points situés sur cette même artère ainsi qu’un chantier à proximité de la rivière Nkambu.
Le responsable communal a précisé que l’installation des palissades vise à sécuriser les chantiers et à limiter les accès pendant la réalisation des travaux.
Face aux inquiétudes exprimées par certains habitants, il a également assuré que la place du Genocost n’était pas destinée à la vente.
« Cet espace ne peut en aucun cas être vendu. Je ne pense même pas qu’une autorité, quel que soit son rang, puisse prendre le risque de vendre cet espace. Cela ne passera pas », a-t-il affirmé.
Une vocation culturelle et mémorielle

Pour sa part, Jean-Blaise Tshikangu, enquêteur au service des Arts et de la Culture de la commune de la Gombe, a indiqué que les travaux visaient à valoriser cet espace public, qui accueille diverses activités et manifestations, tout en contribuant à l’embellissement de la capitale.
« Ce que vous avez vu, c’est l’embellissement de cette place. C’est un endroit qui abrite beaucoup d’activités et d’événements. C’est pour cela qu’il est en train d’être embelli, afin qu’il concorde avec notre culture et contribue à l’amélioration de notre ville de Kinshasa », a-t-il déclaré.
Anciennement appelée place des Évolués, la place du Genocost constitue un espace à valeur historique et mémorielle. Ouverte durant la période coloniale comme lieu de rencontre des résidents noirs de Kalina, l’actuelle commune de la Gombe, elle accueille notamment des activités commémoratives liées au Genocost, consacrées à la mémoire des victimes des conflits et des crimes commis en République démocratique du Congo.
Un programme d’aménagement à l’échelle de la capitale

Ces travaux s’inscrivent dans un programme plus large d’embellissement des espaces publics de Kinshasa. Selon des informations publiées sur le site du gouvernorat, le gouverneur de la ville, Daniel Bumba, avait inspecté, le 11 septembre 2026, plusieurs sites devant bénéficier d’aménagements paysagers et d’un mobilier urbain modernisé.
Le projet est mené en collaboration avec l’entreprise Immorose, avec l’appui des services urbains, notamment l’Agence de gestion de l’embellissement des espaces publics de Kinshasa (Agep).
Les sites concernés comprennent notamment le boulevard Tshatshi, la place des Évolués, la place de la Justice-Triangle, l’avenue de la Mission, le rond-point Forescom, l’avenue du 24-Novembre, au niveau d’Assanef, le site Triomphal-Saïo, en face du musée, ainsi que le rond-point Kintambo Magasin.
Le programme prévoit des aménagements paysagers, la plantation et l’entretien d’espaces verts, l’installation de mobilier urbain ainsi que la mise en place de dispositifs de drainage destinés à préserver les ouvrages réalisés.
Sur le plan juridique, la protection des biens culturels est notamment encadrée par l’ordonnance-loi n° 71-016 du 15 mars 1971 relative à la protection des biens culturels. Son article 8 prévoit qu’un immeuble classé ne peut être détruit, déplacé ou faire l’objet de travaux de restauration, de réparation ou de modification sans l’autorisation du ministre chargé de la Culture, après avis du directeur général de l’Institut des musées nationaux du Congo. ACP/S T J/I I/BA

