Kinshasa, 29 août 2026 (ACP).- La maquette de l’ouvrage « Dispute interminable : conflit homme-animal », sensibilisant à l’éducation écologique en République démocratique du Congo (RDC), a été présentée vendredi au Directeur général de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), a indiqué son auteure samedi à l’ACP.
« L’accueil exceptionnel du Directeur général de l’ICCN est un signal fort. Il a honoré le tout premier ouvrage agréé en RDC sur l’éducation écologique, mais aussi le tout premier manuel intégré officiellement au programme d’écodéveloppement de l’institution », a déclaré Gaël Mabanza, auteure de l’ouvrage « Dispute interminable : conflit homme-animal ».
« La maquette finalisée que j’ai remise aujourd’hui au directeur général de l’ICCN intègre l’ensemble de la dimension textuelle, les illustrations pédagogiques, ainsi que les contributions institutionnelles majeures de nos autorités », a-t-elle ajouté.
Mme Mabanza a fait savoir qu’après une analyse rigoureuse de la direction technique et scientifique de l’ICCN, l’œuvre de l’esprit, écrite en cent onze (111) pages et publiée en autoédition, porte désormais son texte d’avant-propos, la signature officielle ainsi que l’acte d’intégration signé par l’ICCN.
« Désormais, j’attends des autorités et des institutions publiques, notamment à travers cette synergie entre l’ICCN et le ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, une vulgarisation massive de ce manuel. La sensibilisation ne doit pas rester dans les bureaux de Kinshasa », a dit l’écrivaine.
Poursuivant, elle a souligné que : « nous avons besoin du soutien de l’État pour déployer ce livre dans toutes les provinces, doter les enseignants d’outils pédagogiques adaptés et financer des campagnes éco-culturelles sur le terrain afin de transformer la théorie littéraire en comportements civiques et protecteurs au quotidien ».
La conteuse a, par ailleurs relevé que son œuvre ne se contente pas de faire un état des lieux.
« Elle apporte une dimension didactique et des solutions adaptées à nos réalités. La première piste concrète passe par l’éducation environnementale dès le plus jeune âge, car l’enfant d’aujourd’hui est l’éco-citoyen de demain », a-t-elle soutenu, expliquant que ce livre met en lumière la nécessité absolue de préserver les remparts naturels, comme les forêts et les mangroves (les palétuviers), qui délimitent naturellement les espaces de vie.
« Enfin, je plaide pour un écodéveloppement participatif où les communautés locales deviennent les premières gardiennes de la biodiversité, en remplaçant les pratiques destructrices par des alternatives durables et respectueuses des couloirs de migration de la faune », a plaidé l’artiste.
Concernant le choix du titre, Gaël Mabanza a laissé entendre que l’élément déclencheur a été le constat alarmant de la destruction accélérée des écosystèmes en RDC, notamment par la déforestation et le braconnage : « À force de détruire l’habitat naturel des animaux, l’homme les pousse à envahir son propre espace de vie pour survivre. J’ai choisi le titre « Dispute interminable » parce que ce conflit ressemble à une querelle de voisinage qui n’en finit pas, où chaque camp détruit les ressources de l’autre ».
C’est un cycle infernal, conclut-elle, tant que l’homme ne comprendra pas que sa propre survie dépend de celle de la faune, cette dispute détruira les deux camps. Ce titre est un cri d’alarme pour briser ce cercle vicieux avant qu’il ne soit trop tard.
Gaël Mabanza est une artiste comédienne, conteuse, dramaturge et formatrice congolaise, engagée dans la protection de l’environnement en RDC. ACP/Ma/LZN

