Kinshasa : présentation du catalogue de l’exposition « Lettres à l’être »

Kinshasa, 21 février 2026 (ACP). – Le catalogue retraçant l’exposition «Lettres à l’être» a été présenté vendredi, lors de sa cérémonie de clôture organisée à l’Académie des beaux-arts de Kinshasa, dans le nord de la capitale, en République démocratique du Congo, en vue d’archiver les œuvres et de pérenniser le dialogue entre artistes et société.

«En fait, ce catalogue est présenté à l’occasion du finissage de cette exposition au titre très évocateur « Lettres à l’être». Donc, c’était un espace de discussion, un espace de questionnement. C’est comme si ces artistes écrivaient des lettres à leurs compatriotes pour les questionner sur des pratiques qui mettent à mal le vivre ensemble. Des lettres qui encouragent ceux qui souffrent, des lettres qui s’adressent aux personnes détentrices de pouvoir pour pouvoir changer le quotidien de leurs concitoyens», a déclaré Henri Kalama, Directeur général de l’Académie des beaux-arts de Kinshasa.

«Comme on dit, une des missions principales en fait de l’art, c’est de questionner, c’est d’aider à la construction d’un chemin sur lequel on chemine mais où on n’arrive pas toujours, et la beauté étant de rester dans la dynamique de la recherche. Et le catalogue vient ainsi archiver cette exposition, ce qui permet aussi à ces jeunes d’avoir une visibilité et une certaine valorisation aussi de leur travail», a-t-il ajouté.

Selon lui, cette exposition a constitué un cadre de réflexion où les artistes se sont exprimés à travers leurs œuvres comme des lettres ouvertes à la société, interpellant les détenteurs du pouvoir, encourageant les personnes en souffrance et questionnant les pratiques qui fragilisent le vivre-ensemble.

«C’est une exposition qui a été très visitée. Et ça veut dire que la population congolaise petit à petit comprend l’importance des artistes dans la société. Je les félicite. Je crois que je l’ai dit tantôt, j’étais très fier de cette jeunesse, cette génération LMD qui est une génération très différente, alors de manière positive. Une jeunesse décomplexée, une jeunesse consciente du fait qu’elle doit participer à sa propre formation», a martelé Henri Kalama.

Par ailleurs, une œuvre picturale présentée dans le cadre de cette exposition retrace un pan de l’histoire du Royaume Kongo, notamment après le baptême du roi Nzinga Nkuwu, marqué par la volonté d’unir les croyances traditionnelles kongo et le christianisme.

«Le travail qui a été fait dans le cadre du projet « Lettres à l’être » m’interpelle sur mon être. Ce qui m’a conduit à une réflexion. J’ai lu une histoire qui s’est passée au Royaume Kongo. À un moment, après le baptême du roi Nzinga Nkuwu, il a décidé que les pratiques traditionnelles kongo et les croyances chrétiennes devaient se marier et devenir une seule et même religion», a expliqué Kokule Sebana Michaël, peintre issu de l’Académie des beaux-arts de Kinshasa.

À travers cette œuvre, l’artiste pose une interrogation adressée au divin : «Où es-tu si je ne te trouve ni chez les Kongo, ni chez les chrétiens ?» Une question qui, selon lui, dépasse le contexte historique pour s’inscrire dans une quête spirituelle contemporaine.

Le tableau représente un personnage assis entre deux symboles majeurs, la Bible et le Nkisi Nkonde, illustrant la tension entre tradition et christianisme, ainsi que le possible rejet de celui qui choisirait l’une des deux voies.

Organisée du 20 janvier au 20 février, l’exposition a réuni des étudiants issus de neuf départements de l’Académie des beaux-arts de Kinshasa, notamment en peinture, sculpture, métal, communication visuelle, photographie, architecture intérieure, céramique et design. ACP/C.L.

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