Kinshasa, 12 juin 2026 (ACP).- La projection d’une web-série narrative et éducative intitulée « Agri-Avenir », réalisée par un Congolais, a été au centre d’une rencontre artistique organisée jeudi à Kinshasa. Cette série met en avant les femmes et les jeunes comme acteurs de la révolution agricole en République démocratique du Congo (RDC). « L’agriculture est le socle de notre souveraineté et de notre développement autonome. L’histoire nous rappelle qu’à une certaine époque, l’effort agricole familial constituait une stratégie de résilience collective qui a permis de sauver des communautés entières. Aujourd’hui, la série actualise ce message grâce à l’apport de nouvelles technologies : la terre devient un espace d’entrepreneuriat hautement rentable et valorisant », a déclaré Patricia Kays Bolonkali, réalisateur du la série. Selon lui, le tournage de cette série a constitué une expérience transformatrice qui a totalement déconstruit ses propres préjugés. L’objectif est de changer le regard du public sur le travail de la terre en mettant en lumière une image moderne et valorisante de l’agriculture.
« Cette série symbolise la rencontre entre la terre et la modernité, car l’agriculture est le socle de notre puissance économique », a-t-il ajouté. La série « Agri-Avenir » concilie l’exigence esthétique du cinéma avec l’efficacité narrative et pédagogique propre au format web. « En utilisant les codes modernes du récit audiovisuel pour briser les clichés liés au travail de la terre, j’ai également dû adapter ma mise en scène, afin de concilier l’exigence esthétique du cinéma avec l’efficacité narrative et pédagogique propre au format web. En tant que jeune urbain, j’ai longtemps partagé cet angle mort, ce mépris inconscient ou cet +orgueil+ qui pousse à croire que travailler la terre constitue une régression ou une activité salissante », a-t-il indiqué. Par ailleurs, M. Bolonkali a indiqué que le casting a été guidé par une exigence de réalisme culturel. Composée de dix épisodes, cette série se distingue par une ambition rare : être déclinée dans les quatre langues nationales ainsi qu’en français, afin de s’adresser directement aux communautés dans leur réalité linguistique. D’une durée de quatre minutes par épisode, cette production se veut à la fois percutante et accessible. « Cette série n’est pas une leçon théorique, c’est un miroir. Elle va bousculer les certitudes, divertir et donner l’envie de reconquérir notre terre », a-t- il précisé. Initiateur de la structure « nzila-cine », Patricia Kays Bolonkali a forgé son expérience sur le terrain en tant qu’assistant sur des productions d’envergure telles que la série « Milimo » et le long-métrage « La vie est un chemin de fer ». Issu de l’école du cinéma direct et des ateliers Varan, il développe actuellement plusieurs projets majeurs, notamment les documentaires « De l’ombre à la lumière », consacré à la culture de la Sape, et « Senghor ».
ACP / N B / MN

