Kinshasa, 31 août 2026 (ACP). – Le potentiel du violoncelle à enrichir la musique en République démocratique du Congo (RDC), a été mis en avant, notamment par son intégration à la rumba, au jazz et aux musiques traditionnelles, selon un professeur du violoncelle à l’Institut national des Arts (INA), lundi lors d’un échange avec l’ACP.
« Le violoncelle est un instrument très polyvalent qui peut s’intégrer naturellement à plusieurs styles musicaux. Dans la rumba congolaise, il peut enrichir les arrangements en jouant des lignes de basse mélodiques, des contrechants, des introductions ou des interludes expressifs », a expliqué Guelor Ntela professeur de violoncelle à l’INA.
Selon cet enseignant, le timbre chaleureux du violoncelle peut également compléter les voix et les guitares caractéristiques de la rumba congolaise. Dans le jazz, l’instrument peut servir aussi bien à l’accompagnement qu’à l’improvisation, tandis que dans les musiques traditionnelles, il peut dialoguer avec les percussions, les instruments à cordes et les chants.
Bien que n’étant pas un instrument traditionnel de la RDC, souligne-t-il, le violoncelle peut ainsi apporter une couleur sonore nouvelle aux créations musicales associant les influences classiques aux expressions culturelles locales.
Poursuivant, il a indiqué que, cette polyvalence repose notamment sur son registre allant des sons graves aux notes aiguës, ainsi que sur son timbre profond et expressif, souvent comparé à la voix humaine. L’instrument permet également de produire des phrases musicales longues et fluides grâce aux différentes techniques d’archet et au vibrato.
« Son expressivité lui permet de jouer des mélodies chantantes, des harmonies riches et des rythmes variés. C’est pourquoi il peut trouver sa place dans des projets qui mêlent musique classique, jazz, musiques du monde et traditions locales », a précisé le professeur.
Des défis à relever
« Les principaux défis de l’enseignement du violoncelle en RDC sont notamment le manque de professeurs spécialisés, le coût élevé des instruments, des archets et des cordes, ainsi que le nombre limité d’écoles et de conservatoires proposant une formation complète », a relevé Mr. Ntela.
À l’en croire, le manque de partitions, de méthodes pédagogiques et d’ateliers de réparation accessibles, ainsi que le faible soutien financier accordé aux orchestres et aux jeunes musiciens, constituent également des obstacles au développement de cette pratique.
Par ailleurs, cet enseignant préconise notamment la création et le renforcement des écoles de musique et des conservatoires, la formation de professeurs spécialisés, ainsi que la mise en place de systèmes de prêt d’instruments et d’aides financières destinées aux élèves.
Le développement des orchestres scolaires et des ensembles de jeunes, ainsi que l’organisation de concours, masterclasses, festivals et concerts, pourrait également contribuer à susciter davantage d’intérêt pour le violoncelle, a-t-il insisté.
Guelor Ntela encourage enfin les collaborations entre violoncellistes et artistes de la rumba, du gospel, du jazz et des musiques traditionnelles, estimant que ces échanges peuvent contribuer à faire évoluer le paysage musical congolais.
ACP/ S/LZN

