Kinshasa, 22 août 2025 (ACP).- La décennie des années 1950 a été qualifiée jeudi, d’âge d’or ayant marqué l’apogée de la musique congolaise moderne pratiquée en République démocratique du Congo, en Angola, en République du Congo, et dans bien d’autres pays d’Afrique, par un chroniqueur musical qui s’est confié à l’ACP.
«Si les premiers bâtisseurs de cette musique datent des années 30, la décennie des années 50 peut être considérée comme l’âge d’or marquant l’apogée de la musique congolaise moderne», a affirmé Clément Ossinonde, chroniqueur musical de la République du Congo.Selon lui, cette effervescence a permis à la musique congolaise de rayonner bien au-delà de ses frontières, reliant les deux rives du fleuve Congo, Kinshasa et Brazzaville, sans compter Luanda.
«C’est la décennie d’une ambiance festive au cours de laquelle deux puissants alliés de la musique, la radio et l’industrie phonographique, sont en pleine effervescence et évolueront progressivement jusqu’à la fin des années 90», a-t-il expliqué, ajoutant qu’il faut préciser clairement que Léopoldville (Kinshasa) était un centre majeur de l’industrie musicale et attirait des musiciens des régions limitrophes comme le Congo-Brazzaville, l’Angola et même le Cameroun pour s’y établir, enregistrer et former des groupes mixtes.
«La musique congolaise s’écoute sur les deux rives du fleuve Congo. On ne peut pas aimer cette musique sans faire référence aux musiciens de Kinshasa et de Brazzaville. Léopoldville-Kinshasa est demeurée depuis 1946, la ville par excellence de l’industrie musicale, au point où les musiciens du Congo-Brazzaville, de l’Angola, voire du Cameroun, se devaient de s’y installer pour effectuer des enregistrements et créer sur place des groupes mixtes», a-t-il dit.
Pour Ossinonde, il y a lieu de toujours mentionner la dimension unificatrice de ce phénomène, qui amène à reconnaître que «la musique congolaise est une richesse sur les deux rives du fleuve Congo. On ne peut pas aimer cette musique sans faire référence aux musiciens de Kinshasa et de Brazzaville».
Il a également fait référence à des icônes comme Franklin Boukaka et Joseph Kabasele, qui ont vu dans cette musique «un moyen dynamique d’identification et de consolidation de l’unité culturelle africaine au-dessus de toutes les divisions ».
Les années 1990 : période de déclin inquiétant de la musique congolaise
«À partir des années 90, notre musique amorce, jusqu’à maintenant, une descente inquiétante. Nos musiciens ne sont plus aussi réfléchis dans leurs œuvres que ne l’étaient leurs aînés auparavant», a-t-il dit.Pour lui, il est crucial d’engager une réflexion profonde sur les fondements de la musique congolaise pour espérer un renouveau.
«Ce qu’il faut à notre musique, surtout pendant cette période d’émulation entre diverses musiques du continent, c’est un réexamen approfondi de la situation, qui porterait aussi bien sur le fond, que sur l’organisation technique, la conception rythmique, la maîtrise des cuivres, lesquels n’ont pas favorisé l’évolution parfaite de notre musique», a préconisé le chroniqueur musical.
Ainsi, l’âge d’or des années 1950-1990 reste pour Clément Ossinonde une période modèle, une source d’inspiration et une référence incontournable dont il faut s’inspirer pour préserver et faire évoluer la musique congolaise.
Clément Ossinonde est une figure majeure dans le paysage culturel des deux Congo, la République du Congo (Congo-Brazzaville) et la République démocratique du Congo (Congo-Kinshasa).
Né en 1939 à Lekety, dans la région sud du Congo-Brazzaville, il incarne un pont entre les générations et les traditions musicales qui ont façonné l’identité culturelle de cette région si riche et diverse. ACP/C.L.

