La « Féminitude » : une nouvelle réflexion africaine sur l’identité et l’émancipation des femmes

Kinshasa, 1er septembre 2026 (ACP).- La « Féminitude », présentée comme une réflexion propre aux femmes africaines sur leur identité, a été proposée mardi par une activiste, qui appelle  à dépasser certains modèles importés pour  explorer leurs réalités, lors d’un forum suivi par l’ACP depuis Kinshasa en République démocratique du Congo..

<<La Féminitude ne devrait pas être assimilée au féminisme, mais plutôt considérée comme « notre réponse à nous », une approche qui permettrait à la femme africaine de valoriser son identité sans renier ses racines>>, a déclaré Mme Bidima K-Lione

« La Féminitude n’est pas ile féminisme. C’est notre réponse à nous. Une voie qui célèbre la force, la grâce, la maternité, la spiritualité et la créativité de la femme africaine, sans renier ce que nous sommes », a-t-elle soutenu.

Dans sa réflexion « Et si nous, femmes africaines, nous nous penchions enfin sur la Féminitude ? », Mme Bidima, qui se définit comme « Feminicienne », invite les femmes africaines à une introspection destinée à mieux comprendre leur rapport à elles-mêmes, à la société et aux hommes.

« Avec le temps, les expériences, mes échecs, les échecs de mes mères, de mes pères, de mes grandes sœurs et grands frères, mes réussites, les leurs, des histoires d’amour avec des fins catastrophiques, mon rapport à l’homme ambiguë depuis le départ, j’ai appris à faire un tour dans mon intérieur, me remettre en question, me poser les bonnes questions, questionner l’univers », a expliqué Mme Bidima.

Cette démarche, a-t-elle dit, l’a conduite à identifier « la Féminitude » comme l’une des pistes susceptibles de participer à la recherche des solutions aux féminicides récurrents.

Elle a reconnu toutefois que le terme « Féminitude » n’est pas une invention personnelle en affirmant  avoir découvert avec émotion qu’il avait déjà été pensé et porté par l’écrivaine camerounaise Calixte Beyala, notamment dans son ouvrage Lettres d’une Africaine à ses sœurs occidentales.

Revenant sur l’histoire du terme « féminisme », Mme Bidima relève que celui-ci n’aurait pas été, à son origine, un concept militant porté par les femmes. Elle rappelle qu’entre 1830 et 1870, le terme était utilisé dans le domaine médical pour désigner, chez « La Féminitude n’est pas ile féminisme.

<<C’est notre réponse à nous. Une voie qui célèbre la force, la grâce, la maternité, la spiritualité et la créativité de la femme africaine, sans renier ce que nous sommes », a-t-elle dit.

Elle a évoqué également l’usage politique et péjoratif du mot au XIXe siècle, citant Charles Fourier en 1837 et Alexandre Dumas fils qui, en 1872, l’aurait popularisé dans le débat public à travers sa brochure L’homme-femme.

« L’histoire nous montre que ce mot nous a été collé avant d’être conquis », a-t-elle fait observer, avant d’évoquer la réappropriation du terme par les femmes, notamment avec la journaliste et suffragette française Hubertine Auclert à partir de 1882.

Pour Mme Bidima, cette trajectoire historique devrait encourager les femmes africaines à produire leurs propres concepts et à inscrire leur émancipation dans leurs réalités culturelles et sociales.

« Aujourd’hui, à nous d’écrire le nôtre. La Féminitude », a-t-elle lancé, appelant ainsi à l’émergence des « Feminiciennes », terme qu’elle propose pour désigner celles qui s’inscriraient dans cette nouvelle démarche de réflexion sur la condition féminine africaine.

Elle a conclu sa réflexion par l’expression « More Light ! », comme une invitation à davantage de connaissance, de conscience et de lumière dans la recherche de solutions aux défis auxquels les femmes africaines restent confrontées. ACP/Ka.

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