Kinshasa, 4 septembre 2026 (ACP).- La littérature a été présentée comme un moyen essentiel de sensibilisation et d’engagement citoyen, lors d’une rencontre citoyenne organisée mardi à Kinshasa, en marge de la présentation spéciale de l’ouvrage « La Maison aux murs blessés », de l’écrivain Joyeux Ngoma, en République démocratique du Congo (RDC).
« L’auteur est à féliciter. Il s’est lancé dans une écriture, et pas n’importe laquelle. Il a eu le courage d’aborder une thématique tristement d’actualité encore aujourd’hui, qui concerne les violences faites aux femmes. Et je trouve formidable d’avoir un jeune auteur qui décide de mettre des mots sur nos maux. Et c’est un homme qui le fait », a déclaré Chouna Lomponda, conseillère technique au cabinet du chef de l’État à la Présidence de la République.
Elle a salué une démarche littéraire qu’elle considère comme un acte d’engagement en faveur de la cause féminine, particulièrement au regard des violences dont sont victimes les femmes dans plusieurs contextes.
« Je suis ravie d’avoir reçu cet ouvrage dédicacé, ‘‘La Maison aux murs blessés’’, dans lequel je vais me plonger dans les jours qui viennent. Je tiens à le lire, d’autant plus qu’avec ce que notre pays connaît actuellement à l’Est et les souffrances qui en découlent, touchant particulièrement les femmes, cela fait écho », a-t-elle indiqué.
Selon elle, la décision de l’auteur de mettre en lumière ces réalités à travers la littérature témoigne d’une prise de position en faveur de la sensibilisation et de la défense des droits des femmes.
Chouna Lomponda a, par ailleurs, encouragé les jeunes à poursuivre la création littéraire, malgré l’essor des nouvelles technologies et de l’intelligence artificielle. Elle a estimé que la préservation de l’écriture et de l’art littéraire dans ce contexte constitue une démarche courageuse qui mérite d’être valorisée.
« Voir cette jeunesse qui entreprend, parce qu’écrire un ouvrage n’est pas une chose aisée à l’ère des nouvelles technologies. C’est comme un art qui se perd. Oser écrire encore sur papier, traiter des sujets forts, qui touchent à nos émotions autant qu’à nos valeurs, c’est audacieux et cela mérite d’être valorisé », a-t-elle soutenu.
La conseillère technique a également invité l’auteur à préserver son intégrité dans son parcours professionnel et à accorder une attention particulière à la protection de ses droits d’auteur.
Elle a considéré, en outre, que la démarche de Joyeux Ngoma contribue à briser le silence autour des violences faites aux femmes et à remettre en question certaines barrières sociales auxquelles elles sont confrontées.
Une œuvre engagée
De son côté, Joyeux Ngoma s’est dit heureux d’avoir échangé avec Chouna Lomponda, dont il a salué l’engagement en faveur de l’égalité et de l’autonomisation des femmes.
« Je remercie Madame Chouna, parce que je la connaissais déjà et que j’ai essayé de faire quelques recherches sur elle. J’avais déjà compris les actions qu’elle mène en faveur de l’égalité, ainsi que le sens même de sa vision », a expliqué l’auteur.
Il a précisé que son ouvrage s’adresse à un large public, avec une attention particulière accordée aux femmes, afin de susciter une réflexion sur leur rôle et leur place dans la société.
Présentée comme une œuvre à démarche féministe, « La Maison aux murs blessés » aborde notamment la question de l’autonomie des femmes dans une société marquée par le patriarcat. À ce sujet, Chouna Lomponda a relevé que certaines sociétés africaines étaient historiquement organisées selon des modèles matriarcaux.
L’ouvrage dénonce notamment les violences conjugales, leurs conséquences traumatiques ainsi que certaines pratiques traditionnelles. À travers cette œuvre, l’auteur entend donner une voix aux victimes et appeler au respect, à l’intégrité et à des relations familiales fondées sur la dignité humaine.
ACP/N MBA

