Brazzaville, 22 juillet 2025 (ACP).- Les travaux du Symposium international sur la musique, lancés mardi, à Brazzaville, dans le cadre de l’espace réflectif et intellectuel du Festival panafricain de musique, ont connu la participation des experts de la République démocratique du congo (Rdc), venus échanger sur des stratégies enjeux économiques de l’art, a constaté l’ACP.
« Le Fespam n’est pas seulement les spectacles de musique, mais aussi une rencontre internationale des réflexions stratégiques sur les enjeux culturels, artistiques et socio-économiques liés au marché de la musique africaine. Il sera question pour la RDC de mettre en contribution son expertise en matière de la culture et ses atouts économiques pendant le symposium », a déclaré Paul Ngoy, Expert au ministère congolais de la culture. Et d’ajouter : «Nous allons animer un master class sur la musique, partager notre expertise en matière d’organisation des évènements culturels. Donc l’évènementiel. Nous allons également participer et profiter de l’expérience des autres au cours des échanges scientifiques autour des axes définis par rapport à la thématique principale de cette 12ème édition du Fespam ».
Réputée dans le monde, comme terre de la musique africaine, la RDC va partager également son expérience sur la Rumba et son savoir-faire pour contribuer à l’émergence et à la réadaptation de l’économie musicale africaine face à l’Intelligence artificielle et aux enjeux numériques. « Nous présenterons nos richesses musicales pour attirer pourquoi pas les investisseurs dans le secteur, parce que notre pays est, non seulement réputé comme pays de la Rumba, mais surtout dispose encore des talents grises dans le domaine de la musique », a fait savoir l’expert congolais. Afrique: appel pour faire de la musique un catalyseur de l’économie.

Il faut noter que l’ouverture des travaux de cette conférence internationale de musique a été donnée par le Premier ministre du Congo-Brazzaville qui a appelé les experts culturels, technologiques, praticiens des arts, chercheurs et dirigeants politiques à développer des réflexions pertinentes et minutieuses face à la problématique posée par la thématique du Fespam. « Au-delà d’être un rendez-vous festif, cet événement continental qui conjugue la mémoire, la nature et le savoir, nous impose une réflexion. Comment exploiter la puissance créatrice de l’Afrique pour en faire un catalyseur de développement économique et social afin d’améliorer le bien-être de sa population », a indiqué le premier ministre Anatole Makosso.
Et de poursuivre : « ce symposium offre une clé de penser à la musique autrement et le concevoir comme force structurante de notre société. Par rapport au thème retenu cette année, il est important d’interroger nos systèmes de créations et nos chaines valeurs et nos politiques stratégies et capacités de nos états à capter et à transformer nos productions artistiques foisonnantes pour être de moteur notre souveraineté culturelle, de locomotive de notre développement économique ».
Le premier ministre congolais a émis les vœux que les riches analyses et propositions qui découlent de leurs échanges, puissent partir de la dynamique culturelle pour favoriser la croissance des créateurs et celle des Etats à travers quelques engagements clés tendant à identifier les modèles économiques adaptées à nos réalités locales. « (…) renforcer les mécanismes de régulation en matière des droits d’auteur et droits voisins, encourager l’investissement public et privé dans la musique, favoriser un cadre d’exercice grâce à la production et à la distribution des biens et services musicaux, largement culturel », a recommandé Anatole Makosso. Il a invité les participants à redéfinir le rôle de la musique dans l’économie africaine comme un secteur porteur d’emploi direct et indirect.
« Ainsi vous allez contribuer à professionnaliser la production musicale pour développer un écosystème économique spécifique pour le continent ; à favoriser la croissance de l’économie locale, promouvoir les outils numériques souverains qui favorisent notre patrimoine musical sans le dénaturer », a-t-il conclu. ‘‘ Musique et enjeux économiques en Afrique à l’ère du numérique’’ est le thème de cette 12ème édition du Fespam, dont le symposium est un appel à la restructuration du cadre industriel de la musique dans le continent. ACP/

