La réparation des œuvres d’art et les approches contemporaines au cœur  d’un échange

Kinshasa, 05 novembre 2026 (ACP).- La réparation des œuvres d’art et les approches contemporaines, ont été au centre d’un échange, mercredi, lors de la rentrée science organisée à l’Académie des beaux-arts, à Kinshasa, en République démocratique du Congo, selon une restitution faite jeudi à l’ACP.

« Pour ce qui est de ma communication, il est question de parler des savoirs endogènes. Tout d’abord le thème de cet échange est ‘‘savoir endogène, pratique en conservation et restauration des œuvres d’art (…)’’. L’objectif est de voir dans quelle mesure les deux savoirs, c’est-à-dire les savoirs endogènes (savoirs locaux) et les savoirs traditionnels de nos communautés, peuvent être en dialogue avec les approches contemporaines en conservation-restauration », a expliqué le  professeur Jean Damascene Bwiza, secrétaire général académique en charge de la recherche scientifique.

« Ce sont des approches généralement qui nous viennent de l’Occident, et donc des théories élaborées par d’autres et qu’on applique dans les écoles de conservation-restauration, mais aussi et surtout dans les musées, parce que chaque musée a un service de restauration. Il est question de montrer en particulier aux étudiants qui se préparent, et donc aux petits-chercheurs, qu’il ne faut pas dissocier les deux », a-t-il ajouté.

Selon le secrétaire général académique en charge de la recherche scientifique, les savoirs endogènes sont un ensemble de connaissances que nous tirons de nos communautés, qui se transmettent de bouche à oreille, dans lesquelles nous sommes foncièrement plongés, qui sont aussi hiérarchisés.

M. Bwiza a notamment fait appel aux étudiants à ne pas séparer les savoirs ancestraux de la science moderne, mais les faire dialoguer dès l’analyse, établissant le diagnostic et la documentation des œuvres ethnographiques.

« Les savoirs de nos ancêtres, les savoirs de nos communautés, et les savoirs que nous, nous avons doivent communiquer. Il faut chercher à faire dialoguer ces savoirs dans les diagnostics, dans l’analyse des œuvres, mais surtout dans la documentation », a-t-il renchéri.

Mite Makambu, l’assistante et restauratrice d’œuvres d’art, est pour sa part, intervenue sur l’évolution des pratiques de restauration, soulignant la nécessité de réhabiliter et remettre en pratique les techniques traditionnelles de réparation, tout en les combinant avec des méthodes venues d’ailleurs.

La place des savoirs dans le domaine de la conservation-restauration évoquée

Par ailleurs, la place des savoirs dans le domaine de conservation-restauration des œuvres d’art a été évoquée par le professeur Damascene, montrant non seulement que la conservation a toujours été à la croisée avec ces savoirs endogènes, mais aussi la difficulté que ces savoirs rencontrent aujourd’hui, notamment avec la hiérarchisation des savoirs modernes scientifiques qui tendent à dévaloriser ces savoirs.

« Il faut recourir à des communautés qui ont aussi des connaissances qui sont nécessaires pour pratiquer les métiers du conservateur et sur la cité, qui agissent sur des œuvres ethnographiques, c’est-à-dire des œuvres du passé », a-t-il souligné

Concluant, le  professeur Jean Damascene Bwiza a démontré le lien entre ces savoirs endogènes avec ces savoirs modernes en s’appuyant sur plusieurs auteurs qui, comme lui, pensent que ces deux disciplines doivent aller ensemble : des approches qu’il a qualifiées de scientifiques, donc des savoirs conventionnels, avec des autres savoirs qui sont fondés sur des savoirs traditionnels, ainsi que de nos communautés. ACP/ Mb

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