La répartition des générations dans la musique congolaise expliquée par un expert culturel

Kinshasa, 24 juillet 2025 (ACP), –La manière dont les différentes générations de chanteurs et musiciens de la République démocratique du Congo ont façonné, de par leurs influences, styles et innovations, l’évolution de la musique du pays, a été expliquée jeudi par un expert culturel lors d’un échange avec l’ACP.

« Les générations dans la musique congolaise sont réparties de manière générale sur la base de l’influence exercée par les artistes d’une époque par rapport à leurs prédécesseurs ou encore des genres musicaux et des styles », a déclaré Georges Kinga, analyste et opérateur culturel.

Selon lui, la première génération regroupe les pionniers de la rumba congolaise originelle, tels que Wendo Kolosoy et Adou Elenga.

« Ils ont posé les bases musicales, rythmiques et mélodiques, qui ont donné naissance à la musique populaire congolaise », a-t-il dit.

Pour la deuxième génération, les artistes de cette période, « comme Kabasele Tshamala (African Jazz), Franco Lwambo Makiadi, Tabu Ley, Madiata et Jeannot Bombenga (…), ont modernisé la rumba congolaise en structurant les rythmes et les techniques de chant. Leur travail a permis la naissance de grands orchestres, notamment l’African Jazz, l’Afriza et l’Ok Jazz », a-t-il ajouté.

Zaiko Langa Langa, la troisième génération révolutionnaire

À en croire Georges, « Zaiko Langa Langa est la figure phare de la troisième génération de la musique zairo-congolaise, inspirant des générations successives dans la musique, le chant, la danse et l’animation ».

D’après ses analyses, ce groupe emblématique des années 1970 a profondément influencé la musique congolaise et la jeunesse, avec des artistes comme Manuaku Waku, Papa Wemba et Evoloko Jocker. Zaiko.

« Depuis 1970 jusqu’aux années 1980, tout ce qui s’est fait dans la musique dans les milieux des jeunes au Congo-Kinshasa, tout comme au Congo-Brazzaville, avait comme source d’inspiration le Zaiko Langa Langa en particulier, ou le clan Langa Langa en général », a affirmé Georges Kinga.

« Des générations de jeunes se sont inspirées et s’inspirent encore de Zaiko quand il s’agit de musique (Manuaku Waku, Meridjo, Ilo Pablo, Roxy Tshimpaka, Popolipo (…)), du chant (Papa Wemba, Evoloko Jocker, Nyoka Longo, Likinga Redo, Gina Efonge, (…)), de danse (Nyoka Longo, Evoloko Jocker, Lengi Lenga (…)) ou dans l’animation (les Atalaku) », a-t-il explicité.

L’ère Wenge Musica, la quatrième génération des années 1980

À entendre cet expert musical, c’est à partir des années 1980 que Wenge Musica 4×4 Tout Terrain a introduit une nouvelle orientation dans la musique congolaise, rompant un peu avec les traditions précédentes.

« La quatrième génération débute avec Wenge Musica qui, bien qu’inspirée par ses prédécesseurs, a développé une nouvelle orientation dans la musique congolaise, imposant son influence sur la scène musicale », a-t-il laissé entendre.

Les figures majeures comme JB Mpiana et Werrason ont marqué cette époque, où l’importance des artistes individuels a supplanté celle des orchestres.

La scène digitale et la cinquième génération

Kinga Diyinda, a par ailleurs souligné que : « depuis un moment, des nouvelles têtes comme Fally Ipupa, Ferré Gola, Héritier Wata, propulsées par l’ère du digital, reprennent les flambeaux de la rumba congolaise de nos jours, constituant parfois ce que l’on appelle la cinquième génération ».

« Ces artistes, souvent issus de l’expérience Wenge Musica, utilisent les technologies numériques pour atteindre un public mondial tout en innovant dans les styles et l’esthétique musicale », a-t-il conclu.

Il sied de noter que la musique congolaise est vivante grâce à une succession de générations dont chacune s’inspire de la précédente tout en apportant sa propre empreinte. Cette dynamique a rendu la musique congolaise unique et toujours en évolution.

ACP/C.L.

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