Kinshasa, 10 novembre 2025 (ACP).- Le concept citoyen a été expliqué, lundi, aux étudiants de l’Université de Kinshasa, dans la commune de Lemba, au Centre de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), lors du Festival du Livre de la Colline Inspirée (Felico).
« Les étudiants doivent comprendre que le concept citoyen fait appel à la notion de bien commun. Car le citoyen est entendu comme un habitant d’un pays, d’une cité, possédant des droits et devoirs civiques, c’est-à-dire liés au bien-être de la cité considérée comme bien commun à tous ceux qui en sont les citoyens », a déclaré Bitende Ntotila Eugène, doyen de la faculté des Lettres et sciences humaines à l’Université de Kinshasa. Selon lui, ces citoyens forment ainsi la communauté d’hommes partageant un espace commun appelé cité ou pays. Cette vie commune impose un ensemble de règles et des conventions admises par toute la communauté, et que chaque citoyen est tenu de respecter pour une vie harmonieuse et solidaire.
« Un citoyen est un sujet de droits et de devoirs. Connaître ses droits et ses devoirs constitue ainsi pour le citoyen une prise de conscience politique, c’est-à-dire une prise de conscience de son action politique. Dans nos sociétés modernes, les droits et devoirs sont fixés par des textes légaux qui régissent les nations, en l’occurrence, la constitution d’un pays », a-t-il ajouté. Il a fait savoir que la connaissance des droits et devoirs du citoyen constitue le droit fondamental .
Cette connaissance présuppose l’existence de ces droits qui peuvent être coulés sous forme de lois ou de textes ayant une ampleur internationale : la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, en contradiction avec la monarchie française s’accaparant la propriété, considère comme droits inaliénables et imprescriptibles de l’homme : la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression. « L’usage du terme citoyen comme adjectif alternatif à l’adjectif consacré qui est civique tend à insister sur la connotation morale, républicaine et partisane. Ainsi, une attitude civique consisterait à remplir ses devoirs de citoyen, tandis qu’une démarche citoyenne afficherait une volonté d’intégrer dans ses actes des considérations éthiques et des finalités ou des solidarités sociales plus affirmées », a-t-il dit.
Pour M. Bitende , la Déclaration universelle des droits de l’homme énumère les droits civils et politiques du citoyen ou de l’homme en général, ses droits économiques, sociaux et culturels, et tous les droits qu’exige la solidarité humaine. « Un citoyen est avant tout celui qui accomplit ses devoirs. Les devoirs du citoyen consistent à connaître et à défendre les droits de l’homme, mais aussi à contribuer efficacement à l’effort de développement de son pays », a-t-il martelé.
Par ailleurs, il a indiqué que l’obligation de connaître ses droits, inviolables parce que fondamentaux pour la vie et la dignité humaines, impose au citoyen le respect des droits des autres citoyens qui lui sont semblables. La citoyenneté requiert que soient mis en avant les devoirs plutôt que les droits pour éviter des revendications égoïstes.
« Car le respect des droits des autres implique le respect de ses propres droits. Si dans une société, tous les citoyens s’évertuent à accomplir leurs devoirs, leurs droits seront d’office respectés et ils créeront ainsi une société harmonieuse », a-t-il conclu. ACP/

