Le festival « Blues Kasala » un cadre de valorisation des musiques d’origine africaine

Kinshasa, 5 juillet 2026 (ACP).- La première édition du festival « Blues Kasala » a été présentée comme un cadre de valorisation des musiques d’origine africaine et de transmission du patrimoine culturel aux jeunes artistes, samedi, lors d’une prestation au Centre culturel M’Eko à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo.

« Nous sommes satisfaits de cette première édition. L’atelier de formation organisé avant le festival nous a permis de poser les bases de ce projet. Nous préparons déjà une deuxième phase avec davantage de partenaires afin d’assurer la continuité de cette initiative », a déclaré Djédjé Shako, directeur du Centre culturel M’Eko.

M. Shako a  salué l’implication des porteurs du projet Blues Kasala ainsi que la contribution du guitariste Maïka Munan, qu’il a présenté comme une référence dans la transmission des connaissances musicales aux jeunes générations.

Selon lui, le Centre culturel M’Eko est un espace dédié à la promotion des artistes congolais et africains dans plusieurs disciplines, notamment la musique, la peinture, la sculpture, le théâtre, le dessin et l’entrepreneuriat culturel.

« Ce centre est au service des Africains et des Congolais. Notre objectif est d’offrir un cadre d’expression et d’accompagnement aux créateurs afin de promouvoir leurs talents », a-t-il expliqué.

De son côté, Maïka Munan a indiqué avoir interprété une composition originale intitulée « Congo Square », inspirée d’un lieu historique situé en Louisiane, aux États-Unis, reconnu comme l’un des berceaux du jazz.

« Cette œuvre n’est pas encore publiée. Elle figurera probablement sur mon prochain album. J’ai également interprété des extraits de Chauffez-les, la chanson avec laquelle j’avais remporté le Prix Découverte en 1984 », a-t-il dit.

Le musicien a expliqué que le cri « Chauffez-les » se trouvant dans une chanson est un message codé adressé aux Congolais vivant en Europe.

« Cette chanson invitait nos compatriotes à rentrer au pays, parce que notre peuple avait davantage besoin de nous que l’Europe », a-t-il précisé.

Pour sa part, Yves Tshuma, manager du Centre culturel M’Eko, a indiqué que le festival vise à rétablir le lien entre les musiques africaines et les genres musicaux développés à travers la diaspora.

« Le jazz et le blues tirent leurs origines des chants emportés par les esclaves africains. Notre concept consiste à interpréter ces musiques selon leurs racines africaines afin de les reconnecter à leur source », a-t-il expliqué.

Il a précisé que le terme « Kasa », en tshiluba, signifie « musique d’origine », une appellation qui traduit la philosophie du festival fondée sur la valorisation du patrimoine musical luba.

Selon lui, cette première édition marque le lancement d’un projet appelé à se développer progressivement à travers d’autres spectacles, avec l’ambition de s’ouvrir à des partenariats internationaux et de renforcer l’encadrement des jeunes artistes grâce à l’expérience de musiciens confirmés, dont Maïka Munan. ACP/ MM

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