Kinshasa, 23 juillet 2026 (ACP).- Une diplomatie culturelle plus ambitieuse entre la République démocratique du Congo et l’Egypte a été préconisée, en guise de solution à la faible visibilité réciproque de productions culturelles, à l’occasion de la fête nationale d’Égypte, par le professeur Alphonse Benza, lors d’un échange jeudi avec l’ACP.
« La coopération culturelle entre la RDC et l’Égypte demeure en dessous de son potentiel. Malgré le prestige de la civilisation égyptienne et la richesse culturelle congolaise, les échanges restent limités. La RDC et l’Égypte disposent d’un potentiel de coopération considérable. Si les relations politiques sont solides, la coopération culturelle, scientifique et universitaire reste encore insuffisamment développée », a-t-il déclaré.
« Une diplomatie culturelle plus ambitieuse, soutenue par des partenariats académiques, des échanges artistiques, et des investissements dans le capital humain, permettrait de faire de cette relation un véritable levier de rapprochement entre l’Afrique Centrale et l’Afrique du Nord », a souhaité le professeur.
Il a indiqué que ceci rappelle à cette occasion que la culture constitue un instrument de diplomatie, de dialogue entre les peuples, et de construction d’un avenir africain fondé sur la solidarité, la connaissance mutuelle et le développement partagé.
A en croire M. Banza, les deux pays doivent créer un programme permanent d’échanges universitaires RDC-Egypte, développer des bourses d’études et les formations conjointes, organiser chaque année des semaines culturelles égypto-congolaises, encourager les partenariats entre les musées, les bibliothèques et les instituts de recherche, promouvoir la coopération dans la numérisation du patrimoine culturel, favoriser les investissements dans les industries culturelles et créatives, et enfin renforcer l’enseignement de l’histoire et des civilisations africaines.
« Ces deux pays sont également des solutions pour pallier aux différents défis, tels que l’insuffisance d’échanges scientifiques et universitaires, faible mobilité des chercheurs, d’artistes et d’étudiants, manque de financement des projets culturels communs et l’insuffisance des liaisons touristiques et des circuits culturels », a-t-il précisé.
Docteur en Relations internationales, professeur à l’Université de Kinshasa (Unikin) et dans plusieurs établissements d’enseignement supérieur, homme politique et activiste engagé sur les questions environnementales, géopolitiques et de développement en Afrique Centrale, Alphonse Benza Kongawi est auteur de plusieurs publications scientifiques, notamment « L’eau en République démocratique du Congo ».
La fête nationale de l’Égypte célébrée chaque 23 juillet, commémore la Révolution de 1952, marquant l’anniversaire du renversement de la monarchie et la proclamation de la République arabe d’Égypte. ACP/ M/LZN

