Kinshasa 25 juillet 2026 (ACP).- Le style musical sébène, est considéré comme l’un des éléments emblématiques de la rumba congolaise, apparu plusieurs décennies avant l’émergence de la troisième école de ce genre musical, souvent associée au groupe Zaïko Langa Langa de la République démocratique du Congo (RDC), a révélé vendredi à l’ACP un analyste culturel.
« En s’appuyant sur des références historiques retraçant l’évolution de ce style musical, le sébène désigne une répétition de motifs musicaux fondée sur l’alternance d’accords de septième. Son appellation provient d’une dérive phonétique du mot anglais seven (sept). Il constitue aujourd’hui un passage incontournable de la rumba congolaise et de ses dérivés, notamment le soukous et le ndombolo, en créant un moment d’intensification rythmique favorisant l’interaction entre les musiciens et les danseurs », a déclaré Audifax Bemba.
Selon lui, les origines du sébène sont antérieures à la naissance de la troisième école de la rumba congolaise, ce qui confirme son ancienneté dans l’évolution de cette musique.
« Quel que soit le genre qu’il accompagne, qu’il s’agisse de la rumba classique, de la rumba syncopée, du soukous ou du ndombolo, le sébène demeure un élément essentiel de l’identité musicale congolaise », a-t-il soutenu, appelant à une meilleure connaissance de l’histoire de la musique congolaise afin d’éviter les contrevérités sur les origines de ce patrimoine artistique
M. Bemba s’est référé sur les travaux et les témoignages de l’artiste-musicien, peintre et musicologue Guy-Léon Fylla, pour dire que la création du sébène est attribuée à Antoine Kasongo.
Celui-ci aurait été exécuté pour la première fois par le guitariste Zacharie Élenga, dit Jhimmy l’Hawaïenne, lors de son bref passage dans l’orchestre Odéon Kinois en 1948.
Il souligne que cette innovation musicale a été rapidement adoptée par le guitariste Henri Bowané, compagnon d’Antoine Wendo Kolosoy.
C’est dans le célèbre titre ‘’ Marie-Louise’’, considéré comme le premier grand succès de la musique congolaise moderne, que l’exclamation « Yoka sébène ! » (« Écoute le sébène ! ») a contribué à populariser cette appellation auprès du grand public.
Toujours selon la même source, le sébène connaîtra un essor considérable au cours des années 1950 grâce au guitariste Franco Luambo Makiadi, qui en fera l’une des signatures musicales de la rumba congolaise.
Pour étayer son argumentation, Bemba a cité plusieurs œuvres antérieures exécutées avant la création de l’orchestre Zaïko Langa Langa en 1969, notamment « Marie-Louise » (1948) de Wendo, « Tokéi Matadi » (1952) de Jhimmy et Mwanga Paul, ainsi que « Bolingo ekoma niongo » (1957) de Franco et de l’OK Jazz, dans lesquelles l’exclamation « Yoka sébène » est déjà présente.
Pour l’analyste culturel, ces références historiques démontrent que le sébène existait plusieurs décennies avant la naissance de la troisième école de la musique congolaise, souvent associée à Zaïko Langa Langa.
ACP/B./ MN

