Kinshasa, 9 novembre 2025 (ACP).- La célèbre émission de la Radiotélévision nationale congolaise (RTNC), intitulée « Tango Ya Ba Wendo », a été saluée mardi comme une véritable gardienne de la mémoire musicale de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, à travers la radiophonie, par un analyste culturel, lors d’un entretien avec l’ACP.
« Aujourd’hui encore, le nom de « Tango Ya Ba Wendo » résonne comme un rappel d’une époque où la radio était la gardienne vivante de la mémoire collective et de la culture musicale de Kinshasa », a affirmé Tchèques Bukasa.
Il a fait savoir que l’idée de cette émission est née à la fin des années 1960.
« Tout commence à la fin des années 1960. Dans une interview accordée à José Nzolani en janvier 1999, Mama Kanzaku raconte que l’idée de Tango Ya Ba Wendo est née en écoutant une émission diffusée à la Radio nationale du Congo-Brazzaville : Les Merveilles du passé. Cette dernière revenait sur l’histoire de la musique populaire congolaise des deux rives du fleuve avant les indépendances. Inspirées par ce concept, Mama Angebi et Mama Kanzaku décident de proposer une émission similaire à la radio de Kinshasa », a-t-il rapporté.
« Leur projet séduit Théophile Ayimpam, alors directeur des programmes. Avec son appui, l’émission est lancée en 1966. Le pari est audacieux, mais le succès est immédiat. Chaque dimanche, les auditeurs se donnent rendez-vous pour revivre l’épopée musicale de Wendo, Bowane, Dechaud et de tant d’autres pionniers de la rumba congolaise », a-t-il renchéri.
Selon Tchèques Bukasa, de 1966 à 1969, Mama Angebi a assuré l’animation, tandis que Mama Kanzaku s’est chargée de la réalisation et de la prise de son.
« Mais en 1969, la direction leur propose d’animer en duo. Ce changement fait exploser l’audience : la complicité des deux voix féminines devient la marque de fabrique de l’émission », a-t-il expliqué. Tango Ya Ba Wendo restera coanimée jusqu’au décès de Mama Angebi en 1981. À partir de là, Mama Kanzaku poursuit seule l’aventure, tenant le flambeau jusqu’à sa retraite en 2004. Pendant près de quatre décennies, cette émission a permis de sauvegarder la mémoire musicale congolaise et de transmettre aux nouvelles générations la richesse du patrimoine de la rumba.ACP/

