Kinshasa, 9 décembre 2025 (ACP- La mise en place d’une structure chargée de la gestion, de l’entretien et de la préservation des sites et monuments touristiques à travers la République démocratique du Congo a été sollicitée mardi, en raison de leur état de délabrement, par un historien archiviste lors d’un entretien avec l’ACP.
« Quand on observe la situation à Kinshasa comme à l’intérieur du pays, on constate que la majorité des sites accueillant des monuments sont dans un état lamentable, faute d’entretien. C’est pourquoi nous plaidons pour la création d’une structure dédiée à leur restauration et leur valorisation », a déclaré Thomas Makamu, archiviste.
Selon lui, pour s’en convaincre, il suffit de faire un tour du côté des sites où sont implantés « le mausolée érigé en mémoire du Père Raphaël de la Kethule, le site hébergeant le monument du premier président Joseph Kasa-Vubu, celui du musicien congolais Simaro, celui du monument érigé lors du passage du président Mandela à Kinshasa et tant d’autres ; on se rend vite compte que nous n’avons pas seulement la culture d’entretenir nos monuments, mais aussi que nous souffrons d’un déficit de conservation de la mémoire historique de notre pays ».
Cette mémoire, contrairement à ce que l’on fait croire, a-t-il dit, comporte un double impact : « d’abord un aspect culturel et didactique parce qu’elle enrichit les connaissances sur l’histoire du pays. On l’apprend dans les livres bien sûr, mais également à travers les monuments. L’enfant qui se trouve devant un monument du Père Boka, l’auteur compositeur de l’hymne national, retiendra ce nom, il n’aura pas besoin d’aller le lire ».
Une fois exposé dans un musée, a-t-il poursuivi, « l’enfant ne viendra pas le voir, car on n’a pas cette culture d’aller visiter les musées. C’est donc sur les places publiques qu’il faut implanter les monuments. Les monuments revêtent également un impact économique non négligeable », a souligné l’archiviste.
« Sur le plan du tourisme, certains pays comme l’Égypte et la France, dotés de monuments et sites historiques célèbres, bien entretenus et appuyés par des infrastructures hôtelières de pointe, attirent beaucoup de visiteurs. Ils gagnent des millions ; le tourisme figure parmi les secteurs les plus importants de rentrées en devises dans leur budget », a-t-il évoqué. Pour lui, au stade actuel, il est recommandé de créer un organisme relevant des ministères du Tourisme et de la Culture auquel seraient assignés plusieurs objectifs, notamment « celui d’entretenir les nombreux sites historiques en voie de disparition dont regorge la RDC, tout en assurant leur gestion, de restaurer les monuments et éventuellement d’en construire de nouveaux pour honorer certaines personnalités qui ont marqué des époques importantes de l’histoire de notre pays ».ACP/

