Les Basanga du sud‑est du Katanga: organisation, souveraineté et héritage mis en lumière

Kinshasa, 17 février 2026 (ACP).- L’histoire des Basanga, peuple ancestral du sud‑est du Katanga en République démocratique du Congo, a été mise en lumière mardi au cours d’un entretien avec un historien, visant à retracer leur organisation clanique et souveraineté, tout en sensibilisant la jeunesse katangaise à la richesse de son héritage.

«L’histoire du Katanga n’est pas une branche d’un arbre étranger, elle est un tronc robuste qui plonge ses racines dans les profondeurs de l’âge du fer. Les Basanga ne sont pas des « descendants » de l’Empire Luba, mais des partenaires historiques et des contemporains qui ont choisi une autre voie: celle de la gestion clanique des ressources», a déclaré Félix Kiyula, spécialiste de l’histoire du Katanga.

Selon lui, «l’innovation majeure des Basanga réside dans leur organisation clanique souveraine. Avant que Kongolo Mwamba ou Kalala Ilunga ne tentent de centraliser le nord du lac Upemba, les chefs Sanga, tels que le grand chef Mpanda Mutombo Kola, régnaient déjà en maîtres absolus sur les terres de Lubudi et de la Lufira».

L’originalité du système politique des Basanga se distinguait par une organisation fédérale et spirituelle, centrée sur le contrôle du cuivre sacré, mettant en évidence la résistance historique de ce peuple face aux tentatives de domination de l’Empire Luba.

«L’organisation Sanga n’était pas impériale, mais fédérale et mystique, centrée sur la maîtrise du cuivre sacré. Cette autonomie a provoqué des frictions historiques majeures : la tradition orale rapporte des joutes diplomatiques et militaires entre les envoyés de l’Empire Luba et les dignitaires Sanga, qui refusaient de payer tribut, affirmant leur antériorité sur le sol», a-t-il souligné.

La marginalisation coloniale de l’histoire des Basanga

Félix Kiyula a également mis en lumière les mécanismes par lesquels l’administration coloniale belge a effacé l’autonomie politique des Basanga, transformant une organisation clanique souveraine en un simple maillon subordonné aux intérêts économiques coloniaux. Selon lui, la richesse minière du Katanga a été un facteur clé dans la manipulation de l’histoire locale.

«La réponse se trouve en 1885, avec la création de l’État Indépendant du Congo. L’administration coloniale belge, dans une volonté de simplification bureaucratique, a voulu diviser le Katanga en « grands blocs » ethniques faciles à administrer», a-t-il expliqué.

«Les Basanga occupaient la région la plus riche en cuivre, le futur « Copperbelt ». Les Belges ont délibérément marginalisé leur structure politique pour éviter d’avoir à négocier avec une multitude de chefs claniques puissants et autonomes. Ils ont préféré « Lubaïser » l’histoire régionale pour créer une hiérarchie pyramidale artificielle», a-t-il conclu.

ACP/ODM

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