Littérature : “La Maison aux murs blessés” dénonce les violences basées sur le genre (Analyse)

Kinshasa, 31 août 2026 (ACP). – Les violences basées sur le genre, notamment les maltraitances domestiques et les mariages précoces forcés, sont dénoncées dans le roman “La Maison aux murs blessés’’ de Joyeux Ngoma, selon l’analyse d’un critique littéraire transmise lundi à l’ACP en marge du baptême de l’ouvrage à Kinshasa, en République démocratique du Congo(RDC).

« L’ouvrage s’attaque à des maux profonds de la société congolaise. Le récit met à nu la réalité des maltraitances domestiques et le fléau des mariages précoces forcés qui brisent les rêves et la santé des jeunes filles », a relevé Yan Kheme.

L’ouvrage déconstruit, poursuit-il, les tabous sur l’infécondité, en exposant à travers le personnage de Muanda la stérilité masculine pour s’attaquer au préjugé social qui fait porter systématiquement la responsabilité de l’absence d’enfant sur la femme.

« Il s’agit de briser un tabou majeur et de montrer que l’infertilité n’est pas qu’une affaire de femmes », a expliqué l’analyste.

D’après lui, le récit interroge le pouvoir coutumier patriarcal, notamment à travers le procès d’Yvonne et l’histoire de la mère de Malonda, présentés comme une illustration des coutumes qui privent les femmes de leurs droits et de leur voix.

« Ces deux destins montrent comment la tradition est instrumentalisée pour faire taire les femmes », a-t-il soutenu.

Le roman met en avant la transmission intergénérationnelle et l’espoir, en tissant les liens entre Tsuele, Malonda et Yvonne pour montrer que la lutte pour la dignité féminine est un relais historique où les souffrances des anciennes pavent la voie à l’émancipation des jeunes générations, a estimé par ailleurs Yan Kheme.

Cette œuvre s’inscrit, selon lui, dans la lignée des récits majeurs sur la condition féminine portés par des plumes féminines, tant en RDC qu’à l’échelle du continent.

Il a cité notamment, en RDC, “Le Poids de la coutume” de Christine Mvondo, “Un garçon vaut deux filles” d’Émilie Mayabu, “Le Mortier d’Elfia Elesse “, ou encore le très attendu “Maison chaos” de Joëlle Sambi Nzeba.

À l’échelle africaine, il a évoqué “Une si longue lettre” de Mariama Bâ, “Les Impatientes” de Djaïli Amadou Amal et “Sa seule épouse” de Peace Adzo Medie.

D’un volume de cent cinquante-huit (158) pages, l’ouvrage publié aux Éditions « Elembo » et préfacé par Fabienne Zutterman a été porté sur les fonts baptismaux samedi à Kinshasa par la ministre de la Culture, Arts et Patrimoine, Yolande Elebe Ma Ndembo, qui a salué la résilience de l’auteure.

ACP/ S T/LZN

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