Kinshasa, 19 août 2025 (ACP).-Les origines de la musique congolaise moderne, souvent débattues entre mélomanes, ont été retracées dans un ouvrage éponyme d’un chroniqueur congolais, qui rend hommage aux musiciens de la République du Congo, d’Angola et de la République démocratique du Congo, a appris l’ACP mardi de l’auteur.
« En Afrique, au début, c’était certainement le rythme. Les Noirs primitifs devaient, ainsi qu’il en a toujours été, meubler leurs journées avec les trois grands mobiles d’action : la guerre, l’amour et la nourriture (…). L’essai, relativement séquencé des années 1920 jusqu’à nos jours, rend hommage aux musiciens d’Angola et des deux rives du fleuve Congo », a fait savoir Clément Ossinonde, auteur de l’ouvrage intitulé « Les origines de la musique congolaise moderne ».
Dans ce livre de 330 pages, l’auteur a voulu jeter un éclairage nouveau sur l’histoire et l’évolution d’une fierté culturelle majeure des Congolais qu’est la musique.
« Cette écriture est consacrée à tous ceux qui ont formé, pendant plusieurs générations, le gratin des plus grands auteurs africains. Cette origine est mise en lumière en l’associant à celle de la musique en général où, de tout temps, les hommes ont exprimé leurs sentiments par les mélopées », a-t-il expliqué.
L’auteur a proposé également une approche documentée, en revenant sur les diverses sources d’inspiration qui ont façonné la musique congolaise moderne.
« Ce constat fondateur permet de comprendre l’enracinement profond de la musique dans les sentiments humains exprimés depuis toujours par les mélopées. L’ouvrage retrace le parcours de cette musique depuis les années 1920 jusqu’à nos jours. Ces musiciens sont les piliers d’un héritage musical qui a traversé plusieurs générations », a indiqué Clément Ossinonde.
« De la musique autochtone rythmée par les percussions, la sanza, les maracas ou le gûiro, à la formation des premiers groupes modernes influencés par des sonorités étrangères (ghanéenne, cubaine, antillaise…), c’est une véritable synthèse qui apparaît », a-t-il renchéri.
Clément Ossinonde a, par ailleurs, souligné que la musique congolaise a su « concilier le traditionnel et le moderne », adaptant au goût du jour des danses telles que le wala, le zebola, le zango, la maringa et la rumba.
Le folklore du village contre la musique de la ville évoqué
L’auteur a, par ailleurs, insisté sur la période charnière des années 1960, où un dialogue fertile s’était instauré entre « le folklore du village contre la musique de la ville ».
Ce processus a marqué, selon lui, la naissance d’une musique davantage urbaine, qui s’est imposée comme un style original dans le Bassin du Congo.
À travers une analyse détaillée, Ossinonde a revisité l’apport du duo Gabriel Kakou et Georges Mozebo (groupe Congo Rumba), de l’orchestre Bantous de la Capitale, en passant par l’African Jazz, l’OK Jazz, et des musiciens comme Franklin Boukaka, Pascal Tabu Ley, Jeannot Bobenga, Paul Mizele, Papa Bouanga, Paulin Dengo ou encore Popol Mango.
À en croire ses analyses, l’évolution musicale y est scrutée à la lumière des influences socioculturelles et politiques qui ont traversé la sous-région.
L’universalité de ce produit musical hybride trouve, d’après l’auteur, sa base dans la rumba, socle incontournable.
L’essayiste a illustré la poésie et l’identité congolaises avec cette citation d’un célèbre texte de Tabu Ley : « mobali azali lokola avion ya Air Zaïre, ata aké na mboka mopaya, ako souka kozonga kaka na Ndjili », signifiant en lingala : « L’homme est comme un avion d’Air Zaïre, même s’il vogue vers les airs de l’étranger, il revient toujours à l’aéroport de Ndjili ».
Les Origines de la musique congolaise moderne de Clément Ossinonde, publiées chez Edilivre, est un essai qui explore l’évolution et la richesse de la musique congolaise, alliant tradition et modernité. Illustré par le groupe « Ndima Aka », il s’adresse aux mélomanes et passionnés d’histoire africaine. ACP/UKB

