Kinshasa, 17 Janvier 2026 (ACP). -Le chanteur Evoloko Lay, connu pour son style atypique et sa raie dite »Lumumba » tracée sur ses cheveux, a bravé le danger à une époque où l’on voulait
effacer le souvenir de Patrice Emery Lumumba, tout premier Premier ministre de la République démocratique du Congo, de la mémoire des congolais, appris l’ACP samedi d’un opérateur culturel.
<< Evoloko Lay n’est pas un lumumbiste par hasard, mais plutôt un anticonformiste qui a choisi de braver les dangers pour affirmer son identité et son style musical par l’adoption
d’un style atypique et sa raie Lumumba tracée sur ses cheveux >>, a expliqué Dary-Abega, opérateur culturel.
<< Le chanteur, avec son style révolutionnaire et rebelle, a-t-il été influencé par l’idéologie lumumbiste ?>>, s’est il posé la question tout en rappelant les événements de septembre 1960, lorsque Lumumba a été destitué et assassiné, entraînant la fin de son parti et la liquidation de ses militants.
L’opérateur culturel a expliqué que, en septembre 1960 quelques deux mois à peine après l’indépendance de la RDC proclamée le 30 juin, le premier -ministre congolais de l’époque venait d’être destitué par le président de la République Joseph Kasa-vubu, qui, à son tour, lui rendra l’ascenseur, mais le but visé par cette décision était d’écarter Lumumba seul des affaires. Mis en résidence surveillée, P. E. Lumumba se fera la belle avant d’être rattrapé par les soldats de l’ANC lancés à ses trousses alors qu’il partait pour Stanleyville où ses fidèles l’attendaient déjà pour mener le combat de la reconquête du pouvoir.
<< Amené devant ses bourreaux à Léopoldville, il connaîtra un long supplice, un chemin de la croix qui prendra fin au Katanga le 17 janvier 1961dans une nuit dans la moiteur tropicale >>, a-t-il relaté, avant de poursuivre que, pour les Lumumbistes du Mouvement national congolais (MNC), parti majoritaire du pays, la traque va commencer, toute personne en possession d’une carte de membre du parti sera éliminée, pareil pour quelqu’un avec l’effigie de Lumumba dans sa maison et enfin pour toute personne avec une raie sur ses cheveux comme Patrice Lumumba, c’est un délit de faciès.
Dary-Abega a par ailleurs fait savoir que, des années après à Kinshasa au début années 70, un jeune orchestre venait de voir le jour en fin décembre 1969, qui deviendra par la suite, la 3 ème école de la musique congolaise : le Zaïko Langa-Langa. Qui pour chercher ses marques, va imiter l’orchestre Los Nickelos dans un premier temps, un orchestre des étudiants congolais en Belgique avant de transiter par le Soumdjoum, un rythme créé par Tabu Ley Rochereau, vulgarisé par l’orchestre Continental ensuite de patauger dans le rythme et danse ’’kwempa kwempa’’avant la grande envolée avec le rythme’’ Cavacha’’, une véritable révolution musicale.
<< Après touts événements, le chanteur Evoloko Lay devient la vedette principale du groupe, l’initiateur et ensuite le guitariste Manuaku Waku ’’Pépé Felly’’l’architecte du rythme Cavacha, le drummer Belobi Meridjo sans omettre le bassiste Oncle Bapius et l’accompagnateur Zamuangana Enoch. Un travail presque collégial >>, a dit l’expert culturel.
Poursuivant, il a indiqué que, ce qui fera d’Evoloko Lay encore plus populaire, c’est son look atypique, sa raie Lumumba tracée sur ses cheveux.
Evoloko va se distinguer par ses compositions qui vont constituer une ligne de démarcation dans la musique congolaise.
Avec son style révolutionnaire et rebelle, il a eu à son actif des compositions, telles que « Eluzam » et « Mbeya Mbeya », qui ont marqué une ligne de démarcation dans la musique congolaise. ACP/C.L.

