Kinshasa, 18 Janvier 2026 (ACP). – La jeunesse congolaise a été invitée samedi à bannir la haine et à éviter le piège de l’impérialisme comme celui tendu aux leaders politiques Katangais dans l’assassinat de Patrice Emery Lumumba, tout premier Premier ministre de la République démocratique du Congo, a appris l’ACP d’un historien lors d’un entretien.
<< l’assassinat de Patrice Emery Lumumba, Maurice Mpolo et Joseph Okito à Shilatembo, il y a 65 ans, est un évènement tragique, orchestré par des puissances étrangères, qui cherchaient à diviser le Congo, que désormais, il faut un pont de réconciliation pour construire un avenir meilleur >>, a déclaré Félix Kiluya, chercheur en histoire contemporaine.
<< Nous forgeons la conscience de demain, en regardant la vérité en face pour ne pas tomber dans le piège et ne plus jamais être les instruments des ambitions étrangères et surtout de banir la haine >>, a-t-il ajouté.
Il a souligné que, les dirigeants katangais de l’époque, ont été instrumentalisés par des officiers belges pour éliminer Lumumba, symbole du nationalisme congolais.
<< Reconnaître les faits ne veut pas dire condamner nos pères, c’est comprendre comment l’impérialisme peut transformer des frères en adversaires>>, a-t-il indiqué, en précisant qu’un peuple qui décode les manipulations de l’impérialisme est loin de se diviser.
<< Soyez les architectes d’une nation plus forte que les ombres de 1961>>, a dit M Kiluya.
Le chercheur en histoire a expliqué que, le 17 janvier 1961, 22h00 au Katanga, Shilatembo, dans la moiteur d’un soir de tragédie, l’histoire du Congo a basculé dans l’indicible. Patrice Emery Lumumba, flanqué de ses fidèles compagnons Maurice Mpolo et Joseph Okito, est transféré vers Élisabethville aujourd’hui Lubumbashi.
<< Livrés aux autorités du Katanga sécessionniste, ces trois hommes ne sont plus que les ombres d’eux-mêmes, brisés par un voyage où la cruauté n’a eu d’égale que la complexité des enjeux mondiaux qui se jouaient alors sur le sol de Kaponda et de Mpande >> a relaté F. Kiluya.
Selon lui, de nombreuses personnalités africaines avaient laissé des paroles prémonitoires, mais Lumumba a laissé son destin entre les mains d’un Katanga qui cherchait alors désespérément sa propre survie politique.
Ce fils du Sankuru était devenu dès 1960 le premier héros national, mais son nationalisme se heurtait de front à une vision katangaise de l’autonomie, un conflit tragique orchestré de l’extérieur par des puissances qui ne souhaitaient que la division du grand Kongo de Lukeni lua Nimi et de Nkongolo Mwamba, ,a conclu M. Kiluya.
ACP/C.L.

