RDC/Afrique: un ouvrage d’Albertine Tshibilondi Ngoyi éclaire la théorie moderne de l’interprétation

Kinshasa, 03 mars 2026 (ACP).- L’ouvrage scientifique intitulé «Paradigme de l’interprétation sémiotique: esquisse de la théorie de l’interprétant dans la sémio-pragmatique de Ch. S. Peirce», publié à Munich par la professeure Albertine Tshibilondi Ngoyi de la République démocratique du Congo, a apporté une contribution à la compréhension moderne de l’interprétation, a appris l’ACP mardi d’un analyste culturel.

«Dans cet ouvrage, la professeure Albertine Tshibilondi Ngoyi explore la pensée du philosophe américain Charles Sanders Peirce, considéré comme l’un des fondateurs de la sémiotique moderne. Et cela a apporté une contribution à la compréhension moderne de l’interprétation et de la communication», a expliqué Jean Konso, analyste culturel congolais.

Selon lui, la réflexion centrale du livre porte sur la manière dont un signe produit du sens dans le processus de communication et d’interprétation.

«La question fondamentale développée dans cet ouvrage est de comprendre comment un signe produit du sens. A travers la théorie de l’interprétant, l’auteure montre que le sens ne réside pas simplement dans un mot ou un symbole, mais dans un processus dynamique d’interprétation», a-t-il indiqué.

L’ouvrage de 242 pages analyse la pensée sémiotique en mettant en évidence la relation entre les signes, leur interprétation et le contexte dans lequel ils sont utilisés.

«Chaque signe appelle une compréhension qui, à son tour, génère une nouvelle signification. Le sens devient ainsi un mouvement, une construction continue», a ajouté M. Konso.

La sémio-pragmatique reliant l’étude des signes, à la pragmatique

Pour l’analyste culturel, l’ouvrage s’inscrit dans une approche dite sémio-pragmatique, qui relie la théorie des signes à l’expérience vécue et au contexte social.

«La sémio-pragmatique relie la sémiotique, c’est-à-dire l’étude des signes, à la pragmatique qui s’intéresse à l’action, au contexte et à l’expérience humaine», a expliqué M. Konso. 

A la fin des années 1990, cette perspective a marqué une évolution importante dans les sciences du langage et de la communication, en dépassant les visions strictement structurelles pour intégrer les dimensions de communication, d’interaction et de culture.

«L’apport majeur de cette réflexion est que le sens n’est jamais figé. Chaque interprétation ouvre vers une autre interprétation et participe à une construction dynamique du savoir», a souligné l’analyste culturel.

Publié à Munich aux éditions African University Study, cet ouvrage constitue le premier travail scientifique majeur de la professeure Albertine Tshibilondi Ngoyi et a permis l’entrée d’une intellectuelle congolaise dans les débats philosophiques internationaux.

«Près de trois décennies après sa publication, ce livre demeure une référence pour les chercheurs intéressés par la philosophie du langage, la théorie des signes et les mécanismes de production du sens», a conclu l’analyste.

ACP/ODM

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