Kinshasa: la pratique d’allongement du crâne chez le peuple Mangbetu expliquée

Kinshasa, 03 mars 2026 (ACP).- La pratique traditionnelle d’allongement du crâne chez le peuple Mangbetu, appelée « lipombo », a constitué un élément culturel et esthétique important de cette communauté du nord-est de la République démocratique du Congo, a appris l’ACP mardi d’une chercheure en histoire contemporaine.

«Les bébés mangbetu ne naissent pas avec un crâne allongé. Cette pratique commence environ un mois après la naissance, car à cet âge la tête du bébé est encore malléable. Cette pratique ancienne a constitué un élément culturel et esthétique important de cette communauté du nord-est de la RDC», a expliqué Mme Kalunga Bisimbi chercheuse en histoire contemporaine.

Selon elle, la tête de l’enfant est enveloppée avec des cordelettes ou des bandes pendant près de deux ans, jusqu’à la consolidation des os.

«Ce procédé, appelé lipombo, permet d’obtenir progressivement la forme allongée recherchée du crâne, considérée autrefois comme un idéal esthétique et culturel dans la société mangbetu», a-t-elle ajouté. 

Mme Kalunga a également souligné que cette pratique, bien que critiquée aujourd’hui, occupait une place importante dans l’organisation sociale et symbolique de cette communauté.

«Chez les Mangbetus, un crâne allongé était perçu comme un signe de beauté, de royauté, de majesté, de pouvoir et même d’intelligence supérieure», a-t-elle indiqué.

Selon la chercheure, les enfants qui subissaient cette pratique étaient souvent considérés comme destinés à une vie de prospérité, de longévité et de chance.

Par ailleurs, certaines analyses historiques évoquent des pratiques similaires dans d’autres civilisations anciennes, notamment dans l’ancienne Égypte antique.

«Des figures royales telles que la reine Néfertiti, le pharaon Toutankhamon ou encore la princesse Martagon sont souvent citées dans les débats sur les crânes allongés observés dans certaines représentations anciennes», a-t-elle fait savoir.

«Toutefois, différentes cultures à travers le monde ont pratiqué des formes de déformation crânienne volontaire, ce qui continue d’alimenter les interrogations des chercheurs sur l’origine et la signification de cette tradition», a conclu Mme Kalunga.

ACP/ODM

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