Kinshasa, 1er septembre 2026 (ACP).- Le Dialogue national pour la paix, la refondation de la Républiqe démocratique du Congo, a été analysé mardi à Kinshasa par une femme politique lors d’un échange avec l’ACP, comme une étape majeure devant permettre aux forces vives de la Nation de dépasser leurs clivages.
« Une Nation ne peut se construire durablement dans les fractures, les incompréhensions et les antagonismes permanents. Le Dialogue national doit constituer un espace où l’intérêt supérieur de la Nation prime sur les intérêts particuliers, permettant aux Congolais de réfléchir collectivement à leur présent et à leur avenir », a déclaré Me Magalie Kisansa, avocate de profession ajoutant que les congolais doivent privilégier l’intérêt supérieur de la République démocratique du Congo, tout en faisant de l’identité culturelle et des arts des leviers de rapprochement entre les communautés.
Mme Kisansa a estimé que l’ouverture de ce processus représente le début d’une responsabilité collective, appelant les participants à écouter sans exclure, à rassembler sans complaisance et à rechercher des solutions courageuses aux défis qui menacent la cohésion nationale.
Dans cette perspective, elle a également relevé l’importance de replacer la culture au cœur de la construction de la Nation, estimant que l’identité congolaise constitue un patrimoine commun susceptible de rapprocher la diversité des communautés du pays.
Selon elle, la diversité des langues, des traditions, des pratiques coutumières, de la musique, de la danse, des arts plastiques, du théâtre, de la littérature et des autres expressions artistiques constitue non pas une source de division, mais une richesse devant contribuer à renforcer le sentiment d’appartenance à une même Nation.
« Notre diversité culturelle doit être considérée comme une force. Les arts ont cette capacité particulière de parler à tous, de transmettre notre mémoire collective et de rapprocher les générations », a-t-elle souligné.
Pour Me Kisansa, la refondation de l’État ne devrait donc pas se limiter aux seules réformes institutionnelles. Elle devrait également s’appuyer sur la valorisation du patrimoine culturel et artistique congolais, ainsi que sur la transmission aux jeunes générations des valeurs de solidarité, de respect, de dignité et de vivre-ensemble.
Abordant la question de la justice, elle a souligné que le dialogue ne doit pas être assimilé à un renoncement à la justice.
« Une paix solide ne peut s’édifier sur l’impunité, pas plus qu’une réconciliation durable ne peut ignorer la vérité », a-t-elle fait valoir.
Selon elle, la justice constitue un pilier essentiel de la refondation de l’État, dans la mesure où elle contribue à réparer les blessures, restaurer la confiance des citoyens envers les institutions et rappeler que nul n’est au-dessus de la loi.
La refondation de l’État doit également se traduire par des actions concrètes en faveur d’institutions fortes, d’une gouvernance responsable, d’une justice crédible et d’une administration véritablement au service des citoyens.
Me Kisansa a invité, à cet effet, la majorité, l’opposition, la société civile, les confessions religieuses, les autorités coutumières, les femmes, les jeunes, les artistes, les acteurs culturels et la diaspora à prendre part au processus avec responsabilité et dans un esprit de dépassement des clivages.
La participation du monde culturel, a-t-elle indiqué, pourrait notamment permettre de donner au Dialogue national une dimension mémorielle et pédagogique, en favorisant la création d’œuvres, de spectacles, d’expositions, de productions littéraires et musicales consacrés à la paix, à l’unité nationale et à la mémoire collective.
Cette mobilisation collective, estime-t-elle, doit notamment tenir compte des sacrifices consentis par les populations des régions meurtries par l’insécurité, auxquelles la paix, la justice, la culture et la reconstruction doivent apporter des réponses concrètes.
Dans cette optique, les artistes pourraient contribuer à faire entendre les voix des communautés touchées par les conflits et à préserver, par leurs œuvres, la mémoire des événements qui ont marqué l’histoire récente du pays.
« Nous ne sommes que de passage dans cette immense histoire », rappelle Me Magalie Dosi Kisansa, appelant les acteurs à penser au-delà de leurs mandats, appartenances et ambitions personnelles, afin de léguer aux générations futures une Nation plus forte, plus unie, plus juste et fière de son identité.
Magalie Kisansa considère que les différences doivent cesser d’être perçues comme des lignes de fracture et devenir une richesse au service de la République.
Elle estime que la culture congolaise, dans toute sa diversité, peut constituer un langage commun permettant aux citoyens de se reconnaître dans une histoire, des valeurs et un patrimoine partagés.
Pour cette avocate et femme politique, le Dialogue national doit « unir sans absoudre, réconcilier sans effacer la vérité, rassembler sans exclure et préparer l’avenir sans oublier les leçons du passé ».
Elle a appelé enfin les Congolais à faire de l’intérêt supérieur de la Nation leur principale boussole, estimant que la paix et la reconstruction du pays exigent de placer ce qui rassemble au-dessus de ce qui oppose, en faisant de la culture, de l’identité nationale et des arts des instruments au service de la cohésion et d’un avenir commun. ACP/AK

