Kinshasa, 24 octobre 2025 (ACP).- Un appel à la revalorisation de la culture des masques pende a été lancé vendredi à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, par un notable, lors d’un entretien accordé à l’ACP à l’Institut des Musées Nationaux du Congo (IMNC), dans la partie Est de la capitale.
«Le masque Pende existe, mais il connaît aujourd’hui des problèmes de conservation», a affirmé Faso Mushigo, un notable pende, déplorant la dépréciation dont est victime cette culture ancestrale.
«La culture des masques Pende est vilipendée, désavouée, matraquée. Elle doit être revalorisée et pérennisée dans l’intérêt de tous», a-t-il poursuivi, plaidant pour une redynamisation de cette tradition en vue de la transmettre aux générations futures.
Le notable a également insisté sur l’importance de réhabiliter le moral des créateurs congolais en général, et Pende en particulier, découragés selon lui par les colons qui ont détourné le sens des masques.
«Il faut réécrire l’histoire autrement, pour réarmer le créateur africain et lui rendre sa dignité», a-t-il martelé.Selon les explications fournies, les masques Pende jouaient plusieurs rôles sociaux et spirituels.
Ils servaient de relais aux fonctions du pouvoir, de la médecine, de l’éducation, et de la spiritualité dans la société.
«Là où le pouvoir des hommes s’arrêtait, les masques prenaient le relais», a-t-il souligné, précisant que certains masques étaient portés par des guérisseurs pour prodiguer des soins.
Parmi les principaux types de masques, on distingue les Minganji, fabriqués à base de fibres naturelles (raphia, plumes), et les Mbuya, taillés en bois et utilisés dans les rites traditionnels.
Ceux-ci accompagnent notamment les cérémonies d’initiation comme le Mukanda pour les jeunes garçons et le Kiwila pour les jeunes filles, ces rituels contribuant à la stabilité du mariage au sein de la communauté Pende.
Présents principalement dans la province du Kwilu, notamment à Kikwit, Gungu et Bandundu, les Pende sont réputés pour être les premiers fabricants de masques traditionnels en RDC.
Ils tirent également leur subsistance de la cueillette de produits locaux comme les champignons, chenilles et autres denrées forestières. ACP/ODM

