RDC : appel à la valorisation des arts plastiques pour soutenir la réinsertion sociale

Kinshasa, 24 août 2025 (ACP).- Un appel à valoriser les arts plastiques comme moyen d’expression et de soutien à la réinsertion sociale en République démocratique du Congo, face aux différents défis sociaux a été lancé samedi, à Kalamu (centre de Kinshasa), lors de la clôture d’un festival dédié aux enfants, a constaté l’ACP.

« Dans un monde où les défis sociaux sont nombreux, il est essentiel de valoriser les arts plastiques comme l’un des moyens d’expression et de réinsertion. Ce festival a été un véritable symbole de résilience et de créativité », a déclaré Lucie Kanku, cheffe de la Division urbaine des affaires sociales de Kinshasa.

« Je suis particulièrement émue de savoir que pendant cette semaine, les victimes de violences basées sur le genre +VBG+ ont reçu une formation artistique qui leur permettra d’explorer de nouvelles voies d’expression. Ces compétences techniques sont également thérapeutiques », a-t-elle ajouté.

À en croire ses propos, le choix du thème « Couleurs d’Espoir » tout au long de ce festival a été retenu pour évoquer non seulement la palette vibrante des œuvres admirées, mais également les nuances d’espoir qui continuent de briller dans le cœur de chacune des victimes présentes.

« En clôturant ce festival, nous posons également une pierre angulaire pour la suite de leur cheminement. Je suis fière d’annoncer que chacune d’elles recevra un brevet, un symbole d’engagement et de courage. Ce diplôme ne signifie pas seulement une compétence acquise, mais il atteste également de votre volonté de vous relever et de transformer votre vécu en force créative », a-t-elle soutenu, avant de passer à la remise des brevets à une vingtaine de participantes.

De son côté, Victoria Ndaka, secrétaire générale du collectif culturel « Arts et Vie », a souligné l’importance de l’art comme un outil d’éveil, de libération de la parole, d’inclusion et de reconstruction personnelle.

« Il faut utiliser l’art comme un outil d’éveil, de libération de la parole, d’inclusion et de reconstruction personnelle », a-t-elle affirmé, rappelant que ce festival a offert aux enfants et jeunes filles un espace d’expression pour transformer leur vécu en un message d’espoir.

Une fresque murale réalisée pour sensibiliser à l’art en milieu de promotion sociale

Parmi une panoplie de travaux artistiques créés du 19 au 23 août en marge du festival Watoto, une fresque murale réalisée par les jeunes filles victimes de violences basées sur le genre, pour se familiariser à la culture de l’art, a retenu samedi l’attention du public lors de son dévoilement.

« Cette exposition, c’est une restitution des œuvres qui ont été réalisées au cours de notre programme de réinsertion sociale et de formation professionnelle. Parlant de cette fresque, on s’est dit que si l’art peut apporter un bien-être, c’est aussi très nécessaire que tout le monde en bénéficie », a laissé entendre Mwalimu Bahati, directeur artistique, lors de la restitution.

« Auparavant, l’art était réservé à une certaine catégorie de gens, si on peut bien dire le clergé. Depuis un temps, on a compris que l’art est tout d’abord un besoin vital, pour nous les artistes qui le créent et pour le public qui doit le consommer. C’est dans ces mêmes contextes-là qu’on a voulu apporter l’art dans ce milieu de promotion sociale », a-t-il expliqué, soulignant que l’idée était de rendre ces jeunes filles victimes plus créatives que possible.

« Donc, c’était ça le départ, la liberté des créations. Parce que si l’art doit être une thérapie, tout le monde doit être à même d’extérioriser le mal qu’il ressent dans son cœur, le mal qu’il ressent dans son corps, toutes les dépressions, les stress, les soucis, le mal-être, afin de se libérer et de se renouveler aussi de toutes leurs dépressions », a dit le directeur artistique.

Le Festival ‘‘Watoto’’ (enfants), lancé le 19 août, a été organisé par le collectif « Art et Vie », qui s’est servi des arts plastiques pour favoriser l’insertion sociale et le bien-être. Ce groupe a mobilisé des artistes et experts psychosociaux afin d’accompagner des jeunes filles vulnérables, âgées de 10 à 25 ans, issues du Centre de Promotion Sociale de Kalamu. Elles ont bénéficié d’un soutien global à l’espace « Toyokana« . ACP/C.L.

Fil d'actualités

Sur le même sujet