Kinshasa, 13 février 2026 (ACP).- Les provinces du Kongo Central, du Kwango et du Kwilu portent encore aujourd’hui l’empreinte historique du Royaume Kongo, dont l’effondrement au XVIIᵉ siècle après la bataille d’Ambuila a profondément remodelé l’organisation politique et démographique de cette partie de l’actuelle République démocratique du Congo, a affirmé un historien congolais vendredi dans un entretien accordé à l’ACP.
«Fondé vers le XIVᵉ siècle, le Royaume Kongo s’étendait sur un vaste territoire couvrant l’actuel Kongo Central, une partie du Maï-Ndombe, le Kwango, le Kwilu, ainsi que le nord de l’Angola et le sud du Congo-Brazzaville. Les populations vivant aujourd’hui dans ces provinces sont donc des héritiers directs de cette organisation politique et culturelle», a fait savoir le Pr Jean-Bosco Mavungu, historien congolais.
Selon lui, le contact établi dès 1482 avec les Portugais a marqué le début de relations diplomatiques, commerciales et religieuses entre le Royaume Kongo et le Portugal.
«Les souverains Kongo adoptent le christianisme tout en conservant leurs structures politiques. Cependant, l’intensification du commerce des esclaves, orchestrée notamment depuis Luanda, provoque des tensions internes et fragilise progressivement le royaume», a-t-il expliqué.
L’historien a rappelé que le 29 octobre 1665, la bataille d’Ambuila également connue sous le nom de Mbwila opposa l’armée du roi Antonio Ier Mvita ya Nkanga aux troupes portugaises appuyées par des mercenaires africains et dotées d’armes à feu.
«Mal préparée à une confrontation militaire directe et espérant encore une issue diplomatique, l’armée Kongo subit une défaite décisive. Le roi est tué, de même qu’une grande partie de la noblesse, ce qui entraîne l’effondrement de l’autorité centrale», a-t-il souligné.
D’après lui, les conséquences de cette défaite se font sentir sur les territoires de l’actuelle République démocratique du Congo.
«Après Ambuila, le royaume se fragmente en entités rivales, provoquant des migrations massives vers l’intérieur des terres. Des groupes Kongo s’installent durablement dans les régions aujourd’hui appelées Kwango et Kwilu, contribuant à une recomposition politique et culturelle mêlant Kongo, Yaka, Suku, Mbala et d’autres communautés», a-t-il indiqué.
Ces espaces, a poursuivi M. Mavungu, deviennent à la fois des terres-refuges et des foyers de résistance culturelle.
«Malgré l’affaiblissement de la souveraineté face aux puissances européennes, l’héritage Kongo se perpétue à travers la langue, les coutumes, les structures coutumières et la mémoire collective», a conclu l’historien.
ACP/ODM

