RDC: la peinture, un pont entre visible et invisible

Kinshasa, 13 février 2026 (ACP).- La peinture comme pont entre le visible et l’invisible a constitué le fondement de la démarche artistique d’un plasticien de la République démocratique du Congo, dont les œuvres ont interrogé la spiritualité, la mémoire et la place de l’homme dans l’univers, a expliqué vendredi un critique d’art dans un entretien accordé à l’ACP.

«Frank Dikisongele est bien plus qu’un peintre de la République démocratique du Congo. Il est un architecte de l’esprit et de la sensibilité. Ses toiles ne se limitent pas à la représentation mais elles sont des méditations tangibles sur l’existence, où chaque couleur brute, chaque forme géométrique, chaque masque stylisé et figure animale devient langage et vibration. Sa peinture est comme un pont entre le visible et l’invisible. Elle a constitué le fondement de la démarche», a fait savoir Bayone Maniongo Jean-Jack, critique d’art.

Selon elle, l’artiste s’est inscrit dans un figuratif abstrait riche de symboles, où les textures du forex aux nattes brûlées ont dialogué avec l’identité, la société et la spiritualité.

«Ses œuvres ont constitué de véritables codes visuels. Elles ont éveillé la réflexion et ont invité le spectateur à pénétrer dans l’essence même de la matière et d’inhumain», a-t-elle indiqué.

D’après la critique, Franck Dikisongele a nourri sa création par la philosophie de l’art et la sociologie.

«A travers ses toiles, il a révélé la valeur de la communauté, la beauté de la femme comme essence du sacré et la connexion profonde entre l’individu et l’univers. La peinture est ainsi devenue un chemin de contemplation, de sens et de transcendance», a-t-il ajouté.

Par ailleurs, les superpositions de matières, les traces de brûlure ou de gravure ainsi que les formes fragmentées ont traduit une méditation sur le temps et la mémoire.

«L’existence est faite de couches successives, de cicatrices et d’éclats de lumière. Sa peinture a agi comme un miroir philosophique qui a invité chacun à observer ses propres strates intérieures et à percevoir la permanence du sacré dans le flux de la vie», a conclu la critique.

ACP/ODM

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