RDC : débat sur la démission du directeur général d’une société des droits d’auteur 

Kinshasa, 04 février 2026 (ACP).- La démission du directeur général de la Société congolaise des droits d’auteur (Socoda/Aile Kasa-vubu) où le chanteur Blaise Bula de la République démocratique du Congo (RDC) dirige le conseil d’administration, a été analysée et débattue mercredi lors d’un entretien avec un expert du domaine à Kinshasa.

«La démission d’Agu Michel de la Socoda/Kasa-Vubu est un signal fort qui dépasse le simple départ d’un dirigeant. Elle intervient à un moment stratégique, juste avant l’Assemblée générale. (…) Ce qui laisse penser à des tensions internes ou à une rupture de confiance dans la gouvernance actuelle », a estimé Patrick Ntambwe, Avocat-expert en Droit d’auteur en RDC.  

Dans son analyse, il a soulevé un vide de leadership provoqué par son départ à la tête du comité de gestion de cette structure congolaise, qui a envisagé de faire des grandes réformes pour l’intérêt des artistes.  

« Agu était décrit comme le ‘‘cerveau moteur’’ de la société. Sa décision fragilise l’équilibre interne et pourrait ralentir les réformes attendues. Sur le plan stratégique et politique, l’effet de quitter son poste à la veille d’une Assemblée générale n’est pas anodin. Cela peut être interprété comme une manière de mettre la pression sur le Conseil d’administration ou de dénoncer des pratiques internes », a-t-il décortiqué.   

« C’est un tournant possible. Ce départ peut aussi ouvrir la voie à une recomposition, voire à une réforme profonde de la Société si les acteurs en profitent pour repenser son fonctionnement », a-t-il ajouté.  

Pour l’expert, cette démission a un impact direct dans le jugement cognitif, mais surtout au niveau de l’interprétation et de la  compréhension des artistes affiliés à cette  société. « Les créateurs et ayants droit, déjà sensibles aux questions de transparence et de répartition des droits d’auteur, risquent de voir cette démission comme un signe d’instabilité », a-t-il signifié.  

« Ce n’est pas seulement une démission, mais un acte qui révèle un malaise institutionnel. La suite dépendra de la capacité du Conseil d’administration à gérer la transition et à rassurer les artistes », a conclu Patrick Ntambwe.

Une démission non justifiée

Pour sa part, le Directeur Agu Michel a indiqué que sa démission est pour des raisons de convenance personnelle. « Je pense que j’ai déposé en bonne et due forme ma lettre de démission. Dans les jours prochains, nous allons, peut-être, en parler avec un fort détail. Retenez que l’ingratitude est la pure des choses que je ne supporterai jamais jusqu’à ma mort », a-t-il dit.

Selon un autre analyste culturel, le directeur général n’a pas été explicite dans sa lettre.  « Les artistes, les créateurs et les ayants droit de la Société ont le droit de savoir ce qui se passe au sein de leur structure de gestion collective. Agu doit expliquer pourquoi il a choisi de démissionner, alors qu’il n’était, à ce stade, que suspendu », a lancé Didi Kembwarss, membre du CAC (collectif des artistes et culturels du Congo).

Et d’insister : «Cette absence de clarté continue d’éroder la confiance déjà fragile des artistes et de la population envers les structures chargées de la gestion des droits d’auteur en RDC. Il devient donc urgent et impératif de dire clairement ce qui se passe réellement »

Pour l’opérateur culturel, cette situation constitue, d’ailleurs, un argument supplémentaire pour le ministère de la Culture, qui y voit une raison de plus de créer une nouvelle société de gestion des droits d’auteur et des droits voisins en RDC, afin de mettre fin à des dysfonctionnements récurrents. ACP/C.L.

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