RDC : la transmission culturelle présentée comme clé de sauvegarde du patrimoine ancestral Songye  (Une notable)

Kinshasa, 8 juillet 2026 (ACP).- La transmission de l’histoire, des traditions et des valeurs aux jeunes générations a été présentée comme une condition essentielle à la préservation du patrimoine culturel du peuple Songye de la province du Lomami, au sud-est de la République démocratique du Congo (RDC), a expliqué une notable mercredi à l’ACP.

« Nous sommes devenus prisonniers de l’histoire des autres, ignorant la nôtre. La culture est l’arme la plus puissante dont un peuple dispose pour défendre sa liberté. Nous devons retourner dans nos familles, poser des questions, produire des contenus pédagogiques, écrire notre propre histoire et soutenir les recherches consacrées à notre patrimoine », a déclaré Ytal Mwena Lumpungu, princesse Songye.

Selon elle, sa mission en tant que Ndalamumba (Princesse)  découle d’un héritage historique marqué par une profonde responsabilité.

« L’histoire des Lumpungu (Royaume) porte encore une blessure vive. Ma mission est un devoir qui se doit d’être exécuté à la hauteur du nom que j’ai hérité », a-t-elle affirmé.

Évoquant le rôle des autorités coutumières, la princesse a estimé qu’elles demeurent les premiers gardiens de la mémoire collective.

« Les autorités coutumières sont les premiers garants de la culture et des traditions. Elles constituent le premier rempart contre l’effacement de notre mémoire, de nos langues et de nos traditions », a-t-elle soutenu, plaidant pour une plus grande proximité entre les chefs coutumiers et leurs communautés afin de favoriser la transmission des savoirs.

Abordant les défis auxquels fait face le patrimoine Songye, elle a regretté le manque d’ouvrages de référence consacrés à la civilisation Songye, malgré la renommée internationale de son art.

« Bien que l’art Songye soit mondialement reconnu, les écrits consacrés à sa spiritualité, sa philosophie, son organisation sociale et son histoire demeurent relativement rares. Préserver notre patrimoine, c’est transmettre une vision du monde, des langues, des valeurs et des savoirs qui constituent le socle de notre identité collective », a –t-elle  expliqué.

S’adressant enfin à la jeunesse congolaise, elle a invité cette dernière à se réapproprier son histoire.

« J’invite chaque Congolais à être fier de la culture qu’il porte en lui et à s’intéresser à l’histoire de sa famille, de sa communauté et de son peuple. J’appelle également les décideurs à investir dans une éducation décoloniale capable de réconcilier les jeunes générations avec leur patrimoine », a-t-elle conclu.    

Elle a également lancé un appel aux mécènes, aux acteurs culturels et aux institutions afin qu’ils soutiennent les travaux de recherche, les publications et les productions destinées à vulgariser les savoirs traditionnels.

Parmi les projets en cours, la princesse a annoncé la préparation d’un événement mémoriel à Kabinda en septembre prochain, à l’occasion du 90ᵉ anniversaire de l’exécution de Mfumu Yakaumbu Kamanda Lumpungu, ainsi que l’organisation de conférences et d’expositions visant à promouvoir la culture Songye en RDC et à l’étranger.

ACP/ SA/ MN

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