RDC : ‘‘Le mariage forcé’’ dénoncé dans une performance de danse

Kinshasa, 18 janvier 2026 (ACP)- Le mariage forcé, l’immigration et la guerre en République démocratique du Congo (RDC)  ont été dénoncés dans un projet artistique dénommé « Kukonda nzo » (sans domicile), qui est une nouvelle création de danse inspirée du phénomène  »sans-abri », a-t-on appris dimanche de son créateur.

« Le spectacle  “Kukonda nzo” est une trilogie de récits dansés retraçant les épreuves de trois jeunes qui se retrouvent dans la rue pour diverses raisons. Cette création  a été montée à partir de la réalité vécue à travers le  phénomène des sans-abri. Kukonda nzo est une performance de danse qui démontre la résilience de simples citoyens et condamne l’immigration, la guerre et le mariage forcé ou précoce dans notre société», a déclaré Dolsée Ngombo Way Way, chorégraphe professionnel congolais.

« Ce projet a une motivation double : il pose des questions d’actualité brûlantes sur l’immigration et il met un accent sur les problématiques des droits ainsi que des us et coutumes face à la tradition en matière du mariage. Le souci est aussi de préparer la saison artistique 2026-2027 avec un spectacle original du point de vue thématique et pratique claire », a-t-il ajouté.

En termes de message, le spectacle met en scène trois situations diamétralement opposées sur scène.« D’abord, celle d’une jeune fille qui a connu un mariage forcé avec un “vieux papa”, et des atrocités sexuelles. Deuxièmement, celle d’un jeune garçon qui se retrouve dans un camp de réfugiés à cause de la guerre. Et enfin,  un jeune homme vivant à l’étranger dans une situation irrégulière. La chorégraphie a été inspirée des faits réels de la société.» « Kukonda nzo « , une danse pour débattre sur l’immigration Sur le plan artistique, a indiqué Dolsée Ngombo,  ‘‘Kukonda nzo’’ a été conçue pour une représentation d’environ dix minutes. La chorégraphie est ouverte  pour tout public et peut être jouée dans un théâtre, avec le plein feu, dans n’importe quel espace de 6 m x 5 m minimum ou dans la rue.

« Il peut être présenté sur le marché, macadam, avenue (…), sans contrainte technique et artistique. Et l’on s’attend à ce que ce public intériorise le problème de l’immigration dans le sens le plus large, comme “immigration de la vie” », a laissé entendre l’artiste. 

« Les gestes et les mouvements de danse sont codifiés, mettant en osmose des danses traditionnelles congolaises, la  »Krump dance », le Ndombolo et le contemporain africain assaisonné de théâtralité dans le jeu des interprètes-danseurs pour s’immerger dans un état entre désespoir et résilience», a-t-il décortiqué. Sur le plan décoratif, le décor est composé de parasols fonctionnels pour le jeu du danseur, qui vient se planter dans une scénographie extérieure de rue bitumée, créant une symbolique de l’abri de fortune ainsi qu’un reflet de la performance. 

Chorégraphe, danseur, comédien et professeur d’arts dramatiques, Dolsée Way Way a servi de point focal pour les danseurs lors des IXes Jeux de la Francophonie à Kinshasa. Il est l’initiateur et le coordinateur du festival « Naza Danseur », qui milite activement pour la professionnalisation de ce métier en RDC. ACP/C.L.

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