RDC : le Moboko, spécialité culinaire des Basakata, appelle à une meilleure valorisation nationale

Kinshasa, 7 septembre 2026 (ACP).- La spécialité traditionnelle basakata, appelée « Moboko », une richesse culinaire de la province du Mai-Ndombe en République démocratique du Congo(RDC) distinguée par sa texture et son emballage est une chikwangue, peu connue à Kinshasa, a indiqué lundi une réalisatrice de cinéma, lors d’un échange avec l’ACP

« Le Moboko constitue pourtant une richesse culinaire et identitaire dans la province du Maindombe qui mérite une meilleure promotion », a déclaré la réalisatrice de cinéma, Nancy Adjani.

Nancy Adjani a attiré l’attention sur cette spécialité culinaire issue notamment d’Inongo, Bokoro, Kutu, Mongobele, Tolo et Nioko, en précisant que :
« la chikwangue qu’on appelle Moboko est peu ordinaire par rapport à ce qu’on a l’habitude de manger ici à Kinshasa.

Elle est différente des autres par sa texture et son emballage », a-t-elle fait savoir.

Pour elle, le Moboko représente bien davantage qu’un simple produit alimentaire dans la mesure où elle constitue une expression de l’identité et du savoir-faire culinaire des Basakata, transmis à travers les générations.

« C’est vraiment une représentation de l’identité culinaire des Basakata. Si vous aviez déjà mangé ça une fois, vous allez le manger tous les jours », a-t-elle soutenu, mettant en avant l’originalité et les qualités gustatives de cette spécialité.

La réalisatrice a regretté que cette richesse gastronomique demeure peu visible sur le marché kinois en relèvant que certaines communautés, notamment les Bateke et celles du Kongo Central, ont davantage réussi à faire connaître et à commercialiser leurs spécialités culinaires dans la capitale.

« J’ai quitté Inongo depuis plus de 20 ans, mais je n’ai jamais vu où on vend ça à Kin. On me dit que, pour le trouver, il faut seulement aller soit à Maluku, soit à Libongo ya Baramoto. C’est dommage parce qu’il est d’une telle richesse », a-t-elle déploré.

Cette situation pose la question de la valorisation des produits alimentaires traditionnels issus des différentes communautés de la RDC.

Au-delà de leur dimension culturelle, ces produits peuvent constituer une source d’activités économiques pour les producteurs, transformateurs, commerçants et restaurateurs.

La promotion du Moboko pourrait notamment passer par une meilleure organisation de sa chaîne de production et de commercialisation, l’amélioration de son conditionnement, ainsi que son introduction dans les marchés, restaurants et manifestations gastronomiques de Kinshasa.

Une telle démarche contribuerait également à faire connaître la diversité culinaire congolaise, tout en renforçant la transmission des savoir-faire traditionnels et la valorisation des identités culturelles locales.

Pour Nancy Adjani, le Moboko mérite ainsi de sortir du cercle restreint de ceux qui connaissent déjà cette spécialité, afin de devenir un produit culinaire reconnu et accessible au plus grand nombre.

ACP/K

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