Kinshasa, 13 septembre 2026 (ACP).- Le développement de solutions numériques adaptées aux réalités locales constitue un levier de valorisation, de transmission et de rayonnement du patrimoine culturel de la République démocratique du Congo, a soutenu un développeur informatique lors d’un entretien dimanche avec l’ACP, à l’occasion de la Journée mondiale des programmeurs et développeurs.
« Le frein principal est d’abord le manque de connexion entre les développeurs et les acteurs culturels. Nous avons beaucoup de talents techniques, mais les besoins réels des artistes, musiciens, créateurs, producteurs ou acteurs du patrimoine sont encore insuffisamment pris en compte dans la conception des solutions numériques », a-t-il déclaré Jean-Christophe Wizamo, ingénieur en informatique.
Selon lui, le numérique offre pourtant une importante opportunité pour concevoir, à partir des réalités congolaises, des outils capables de répondre aux besoins locaux, notamment dans la valorisation des artistes, la diffusion des œuvres, la billetterie, la gestion des droits, l’archivage du patrimoine ainsi que l’accès aux contenus congolais.
« L’enjeu est de ne pas simplement reproduire des solutions étrangères, mais de développer des outils pensés pour notre contexte », a dit l’ingénieur en informatique.
Le code, un outil de création culturelle
Interrogé sur la possibilité de considérer le développement informatique comme une forme d’expression artistique et culturelle, cet acteur du numérique a estimé que le code constitue également un instrument de création.
« Le code est avant tout un outil de création, comme un artiste utilise une toile, un musicien un instrument ou un architecte des matériaux pour donner vie à une idée », a-t-il expliqué.
Pour Jean-Christophe Wizamo, une application ou une plateforme numérique traduit également la vision et la culture de ses concepteurs à travers la manière de présenter l’information, le langage utilisé, les choix graphiques, les interactions proposées ainsi que les problèmes auxquels ces outils cherchent à répondre.
Le développement informatique devient ainsi une manière de raconter une histoire et de traduire une vision du monde en une expérience numérique, a-t-il fait savoir.
Des plateformes numériques comme vitrines du patrimoine
Les applications et plateformes web peuvent, par ailleurs, contribuer à rendre le patrimoine culturel congolais plus accessible, particulièrement auprès de la jeunesse et de la diaspora, selon la même source.
Ces espaces numériques peuvent documenter les langues, les musiques, les danses, les traditions, les œuvres d’art, les récits historiques, les archives et les savoir-faire, grâce à des contenus multimédias accessibles notamment depuis un smartphone.
Au-delà de la conservation, le numérique permet également de faire vivre et évoluer ce patrimoine à travers des expériences interactives, l’utilisation de l’intelligence artificielle pour faciliter l’accès aux archives, les visites virtuelles ou encore l’inspiration des créateurs contemporains à partir des références culturelles congolaises.
Le véritable enjeu consiste ainsi à faire du numérique non seulement un outil de conservation, mais également un moyen de transmettre, de rendre visible et de faire rayonner au-delà des frontières la culture et le savoir-faire de la République démocratique du Congo.
ACP / Song. (SP)

