RDC: le peuple pende tire sa force dans son organisation politique (un historien)

Kinshasa, 27 février 2026 (ACP).- Les atouts et la force des pende, un peuple, vivant en République démocratique du Congo (RDC), notamment dans les provinces du Kwilu, du Kwango et du Kasaï, ont été relevés vendredi à Kinshasa, par un historien dans un entretien avec l’ACP, comme des meilleurs gages dans   l’organisation politique et la civilisation constante.

«Aujourd’hui, j’ai décidé de parler des Pende. Pas juste pour rappeler qu’ils vivent au Kwilu ou au Kwango, mais pour rappeler que derrière ce nom il y a une vraie organisation politique, une vraie spiritualité, une vraie civilisation avec les atouts qui fondent une bonne organisation politique», a déclaré Monique Bisala, chercheuse en histoire contemporaine.

Selon elle, les Pende sont installés dans l’actuelle République Démocratique du Congo depuis le XVIIᵉ siècle, autour des années 1600 et 1650. 

«Leurs ancêtres viennent des régions situées entre le nord de l’Angola actuel et les zones proches du fleuve Kwango. À cause des bouleversements politiques et des conflits dans cette région, ils ont migré progressivement vers l’est et se sont établis durablement dans ce qui correspond aujourd’hui aux provinces du Kwilu et du Kwango», a-t-elle précisé.

Il a également souligné le sens élevé et responsable de ce peuple originaire d’Angola. «Ce n’était pas un peuple désorganisé. Ce n’était pas un groupe sans structure. Les Pende vivaient dans un système de chefferies autonomes. Chaque territoire avait son chef coutumier, entouré d’un conseil d’anciens (…). Les décisions importantes ne se prenaient pas dans l’improvisation. Il y avait des règles, des interdits, une justice coutumière, une gestion collective des terres», a commenté Mme Bisala, avant de souligner que: «Chez eux, la terre n’était pas à vendre, elle appartenait aux ancêtres, au clan, et aux générations futures. Les ancêtres ne sont pas considérés comme absents. Ils font partie de la vie du village. Ils protègent, ils sanctionnent, ils guident (…). Il y a aussi le Mukanda, le rite d’initiation. Une véritable école de formation. Les jeunes garçons étaient retirés du village pendant plusieurs mois. On leur enseignait la discipline, la maîtrise de soi, le respect des anciens, le courage, l’histoire du peuple».

La chercheuse a, en outre, démontré la place qu’occupait l’art dans le quotidien de cette communauté. «Il y a ce qu’on appelle les masques Pende qui sont connus dans le monde entier. Mais ce ne sont pas des objets décoratifs. Chaque masque représente une valeur, un caractère, un message moral. Les danses masquées ne sont pas là pour divertir. Elles enseignent. Elles corrigent. Elles rappellent les règles de la société», a-t-elle martelé.

Mme Bisala a conclu en disant que: «Quand je parle des Pende, je parle d’un peuple organisé, digne et conscient de sa valeur. Notre histoire ne commence pas en 1885. Elle est plus ancienne. Elle est plus profonde. Et elle mérite d’être connue».

Il convient de signaler qu’en 1931, les Pende avaient déjà montré qu’ils refusaient l’humiliation. La révolte de 1931 reste l’un des grands soulèvements contre l’ordre colonial dans le sud-ouest du Congo. Les Pende n’ont jamais accepté d’être réduits au silence ».

ACP/ODM

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