Une mise en lumière du rôle du Congo comme gâchette de l’émancipation africaine

Kinshasa, 27 février 2026 (ACP).– Le rôle stratégique de la République démocratique du Congo dans l’émancipation politique et culturelle de l’Afrique, comparé à une « gâchette » par Frantz Fanon, a été mis en lumière au cours d’un forum en ligne suivi vendredi par l’ACP depuis Kinshasa.

« »L’Afrique a la forme d’un revolver dont la gâchette se trouve au Congo ». Cette phrase n’est pas une métaphore vide. Elle est prophétique. Fanon voit en l’Afrique un potentiel colossal, capable de bouleverser l’équilibre mondial. Il identifie le Congo, cœur du continent, comme le déclencheur d’une libération qui pourrait changer le destin de toute la planète», avait déclaré Jacques Materne, un géographe belge.

Et de poursuivre: «Il s’agit de la centralité du Congo dans la mobilisation des peuples africains et dans la reconquête de leur souveraineté et de leur identité culturelle. Fanon comprenait l’importance de la mémoire, de la culture et de la fierté noire».

En participant au Congrès panafricain d’Accra, aux côtés de Kwame Nkrumah, Patrice Lumumba et d’autres géants du continent. Là encore, Fanon n’est pas seulement un intellectuel; il est le témoin, le stratège et la voix d’un continent qui refuse l’injustice. Son analyse est visionnaire» a-t-il ajouté. 

Selon lui, L’écrivain et penseur Frantz Fanon invite les Africains à s’affirmer pleinement et à transformer l’oppression en moteur d’émancipation.  

«À travers  cette  pensée, Fanon nous  exhorte: Ne subissez pas. Ne doutez pas de votre puissance. Reconnaissez la dignité de votre être, affirmez vos racines, et transformez chaque injustice en force révolutionnaire», a-t-il expliqué. 

Né le 20 juillet 1925 à Fort-de-France, en Martinique, il grandit dans une famille afro-caribéenne bercée par l’histoire d’un monde où la couleur de la peau déterminait la place, le respect et même la dignité. Il fréquente le lycée Victor-Schœlcher, là où Aimé Césaire, poète et éveilleur des consciences, enseignait. 

À 18 ans, il s’engage dans l’armée française de libération. Malgré les promesses d’émancipation de la France, Fanon ressent sur sa peau le poids de la hiérarchie raciale. Sa citation résonne encore: » À chaque fois que la liberté et la dignité de l’homme sont en question, nous sommes tous concernés.

Envoyé en Algérie quelques semaines après son engagement, il observe avec un œil lucide la structure pyramidale de la société coloniale: les blancs au sommet, les noirs écrasés au pied. Cette expérience bouleversante aiguise en lui l’esprit anticolonialiste, le forge comme analyste du désastre psychologique et social infligé par la domination européenne.

ACP/ODM

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