RDC : le professionnalisme de Docteur Nico, un héritage perpétuel de la rumba congolaise (opérateur culturel)

Kinshasa, 8 juillet 2026 (ACP).- Le professionnalisme du défunt musicien congolais Docteur Nico Kasanda a été présenté mercredi comme un héritage majeur légué aux figures actuelles de la rumba en République démocratique du Congo (RDC), a indiqué un opérateur culturel contacté par l’ACP, au lendemain de l’anniversaire de la naissance de ce guitariste légendaire.

« Les musiciens congolais d’aujourd’hui ont une dette immense envers le Dr Nico. Tout ce qu’ils font, que ce soit en studio, sur scène ou dans la gestion de leur carrière, repose encore sur les solides fondations qu’il a posées », a déclaré Layi West Mamona, opérateur culturel congolais.

Né le 7 juillet 1939 à Mikalayi, dans l’actuelle province du Kasaï-Central, Docteur Nico, de son vrai nom Nicolas Kasanda Wa Mikalay, est considéré comme l’un des plus grands guitaristes de la musique congolaise moderne.

Développant son analyse, l’opérateur culturel a indiqué que l’artiste a doté la rumba congolaise de solides fondations harmoniques.

« Avec l’African Jazz, qu’il a cofondé en 1956, il a contribué à distinguer les rôles du mi-solo et du solo. Cette architecture musicale demeure aujourd’hui la grammaire de base de la plupart des orchestres de rumba », a-t-il expliqué.

Abordant la question de l’exigence artistique, M. Layi a affirmé que Docteur Nico imposait une discipline rigoureuse lors des enregistrements en studio.

« Il ne tolérait pas l’à-peu-près. Il exigeait des prises impeccables et des arrangements soignés. Il a professionnalisé la manière d’enregistrer à Kinshasa », a-t-il soutenu.

Selon lui, cette rigueur a profondément marqué plusieurs de ses contemporains, notamment Franco Luambo et Vicky Longomba.

Évoquant enfin le professionnalisme, il a estimé que Docteur Nico a contribué à revaloriser le statut du musicien.

« Il portait le costume, arrivait à l’heure et négociait lui-même ses cachets. Il a démontré qu’on pouvait être à la fois artiste et professionnel », a-t-il souligné.

Pour cet opérateur culturel, cette attitude demeure une référence pour plusieurs générations d’artistes congolais.

Décédé le 22 septembre 1985 à Bruxelles, à l’âge de 46 ans, Docteur Nico a laissé un répertoire de plus de 300 œuvres et  Chaque note de la rumba congolaise moderne porte son empreinte. ACP/STJ/ MN

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