Kinshasa, 25 août 2026 (ACP).- La création d’un syndicat regroupant les artistes indépendants a été présentée par un expert de la Rumba congolaise comme un droit reconnu par la législation de la République démocratique du Congo (RDC), lors d’un échange mardi avec l’ACP.
« Il ne s’agit donc pas de dire que les artistes n’ont pas le droit de créer un syndicat. Il faut plutôt déterminer dans quel cadre juridique un syndicat d’artistes peut être constitué et, surtout, dans quelles conditions les artistes indépendants peuvent en être membres au regard de la législation congolaise », a déclaré l’opérateur culturel Didi Kembwarss.
La Constitution de la RDC reconnaît, en son article 38, la liberté syndicale et accorde à tous les Congolais le droit de fonder des syndicats ou de s’y affilier librement, dans les conditions fixées par la loi. Elle garantit également, à l’article 46, la liberté de création intellectuelle et artistique.
Toutefois, le code du travail dispose, à son article 230, que les travailleurs et les employeurs, tels que définis par l’article 7, ont le droit de se constituer en organisations professionnelles destinées notamment à défendre leurs intérêts professionnels. Or, l’article 7 définit le travailleur comme toute personne qui exerce une activité professionnelle moyennant rémunération, sous la direction et l’autorité d’un employeur, dans le cadre d’un contrat de travail. Cette définition pose ainsi la question de la situation des artistes qui exercent leur métier de manière indépendante, sans lien de subordination avec un employeur.
« La difficulté se situe plutôt au niveau du code du travail », a relevé l’expert, estimant que le débat ne porte pas sur l’existence du droit syndical des artistes, mais sur les conditions de son exercice dans le cadre légal actuel.
Le code du travail reconnaît par ailleurs aux travailleurs et aux employeurs le droit de s’affilier à une organisation professionnelle de leur choix, tandis que les syndicats sont tenus de se faire enregistrer auprès du ministère ayant le Travail et la Prévoyance sociale dans ses attributions.
Pour M. Kembwarss, l’enjeu consiste dès lors à déterminer comment concilier la liberté syndicale consacrée par la Constitution avec la réalité professionnelle d’un secteur artistique où une partie importante des acteurs évolue en dehors du salariat.
Cette réflexion intervient dans un contexte où les artistes cherchent à mieux structurer leur secteur et à défendre leurs intérêts professionnels, notamment en matière de conditions de travail, de droits et de représentation. ACP/ S A / MN

